La MétroVille d'Échirolles
la Boîte à outils

Appel à participation : "Égalité : carte blanche aux filles et garçons de l'agglo !"

La deuxième édition de la Quinzaine régionale de l'égalité femmes-hommes aura lieu du 8 au 20 octobre. Ce sera l'occasion de découvrir la richesse des initiatives et des engagements locaux en faveur de l'égalité dans tout Rhône-Alpes.
Le réseau d'agglomération sur l'égalité des sexes (avec la Métro et plusieurs Villes de l'agglomération) se saisit de cette Quinzaine pour organiser une soirée « Égalité : carte blanche aux jeunes de l'agglo », prévue le vendredi 12 octobre en soirée.
Dès maintenant, tous les jeunes qui le souhaitent peuvent s'impliquer et faire connaître leurs projets, leurs envies, leurs idées en faveur de l'égalité des sexes. Entre 16 et 25 ans, seul-es ou en groupe, accompagné-es ou non, les jeunes peuvent proposer des vidéos, de la poésie, du slam, des chansons, des saynètes de théâtre, des bandes dessinées, des expositions, ou toute autre projet de leur choix.
Place à la créativité, à l'originalité et à l'humour pour parler mixité, égalité ou respect entre les filles et les garçons. L'autonomie et l'implication des jeunes seront encouragées. A chacun-e de trouver comment alimenter le débat, amener de nouvelles idées pour faire avancer ensemble l'égalité entre les filles et les garçons.
Téléchargez l'appel à participation, à renvoyer jusqu'au 18 juin :


Document PDF Appel participation Quinzaine égalité 2012.pdf (337Ko)

L'émancipation des femmes, au menu du "Café de la paix et de l'égalité"

Vous avez l'impression de boire la tasse dans l'océan d'idées reçues qui déferlent sur l'émancipation des femmes dans le monde ?
Sortez la tête de l'eau, venez partager un café ou un thé, et échanger autour d'extraits de films de Cécile Denjean Le voile et l'interdit sur les femmes au Yémen, et Baby blues, baby dolls sur les femmes au Japon.
Discussions, débats, éléments de contextes viendront ponctuer ce temps convivial. Parmi les questions abordées : l'actualité du féminisme islamique dans les révolutions arabes, le modèle familial traditionnel japonais persistant (qui amène encore aujourd'hui 70% des femmes à renoncer à leur carrière pour élever leurs enfants), les systèmes patriarcaux au Yémen et au Japon, mais aussi les parallèles que nous pouvons faire avec la situation et l'actualité en France.
Venez goûter au Café de la paix et de l'égalité : « De l'extrême du Yémen à l'extrême du Japon, en passant par la France »  le jeudi 24 mai à 18h, à la Maison des associations d'Echirolles (Place de la libération).
Café proposé par l'Ecole de la Paix et la Maison pour l'égalité femmes-hommes. Téléchargez l'affiche et le plan d'accès :


Document PDF Affiche café de la paix + accès.pdf (804Ko)

Parentalité : quelle place pour les pères ?

Pourquoi entend-on parler aujourd’hui de « nouveaux pères » ?
Le modèle traditionnel du « bon père », seul en charge de l'autorité familiale, est fortement remis en cause. L'autorité parentale est de plus en plus partagée, notamment depuis la disparition de la notion de "chef de famille" au regard de la loi (en 1970).  Les rôles des hommes dans les familles évoluent, et de nouvelles formes de paternité émergent.

Cependant, les représentations sociales ont la vie dure : les femmes sont encore souvent vues comme ayant le rôle principal dans la parentalité, notamment dans sa dimension affective, réduisant le père à un rôle d'autorité.

La place des pères a largement évolué selon les époques, ce que nous confirme un rapide coup d'oeil historique. Le modèle romain du pater familias ayant tous les droits sur son enfant, y compris de le vendre ou de le tuer, a laissé place au père « moral », influencé par le christianisme. La filiation biologique a alors fait son entrée dans le droit. Puis au Moyen-Age, on s'est acheminé vers le modèle du "père-roi dans son foyer", cumulant les fonctions de géniteur, nourricier, éducateur et garant des traditions. L'analogie du père et de ses enfants avec Dieu et l’Église, le roi et ses sujets ou encore le pasteur et ses moutons s'est cristallisée, en faveur d'une société hiérarchisée fondée sur l'autorité paternelle.
Puis la notion de devoir du père envers ses enfants est apparue, avec une possibilité de remise en question du père s'il manquait à ses fonctions. Le 18ème siècle a marqué l'apogée de la paternité, jusqu'à la Révolution où le « père de la nation », Louis XVI, a été décapité. Après la Révolution, et ce, malgré la tentative de Napoléon de rendre l'autorité au père, les enfants sont devenus les enfants de la République avant d'appartenir à leurs parents. Le paternalisme d’État a pris le pas sur le patriarcat familial, au moins en partie.
Le modèle du père traditionnel s'est ensuite démantelé au cours du vingtième siècle, notamment pendant les guerres mondiales, lorsque les hommes ont été mobilisés par millions et que les femmes se sont organisées sans eux. (source : Histoire des Pères et de la paternité de Jean Delumeau & Daniel Roche).
Les évolutions récentes posent donc la question des places que peuvent prendre les « nouveaux » pères du 21ème siècle. Quels modèles de parentalité peuvent-ils inventer ?

Localement, des réflexions et expérimentations se développent du côté des professionnel-les de la petite enfance. Un groupe de travail sur le genre s'est notamment saisi de la question de la place des pères dans les équipements petite enfance des quartiers de la Villeneuve – Village Olympique de Grenoble. Des sessions de formation-action se tiennent régulièrement, afin de réfléchir aux leviers pour donner plus de place aux hommes dans les activités familiales organisées par ces structures.
Ces professionnel-es font face à un constat : on peut voir les pères s'occuper de leurs enfants, y compris hors de la maison (dans la rue, etc.). Pourtant, ils ne fréquentent pas ou très peu les équipements publics liés à la petite enfance. Comment en comprendre les causes ? Cela suppose de passer au crible les pratiques et le fonctionnement des structures, par le biais de temps d'échange et de discussion, de jeux de rôles, de mises en situations... Les professionnel-les peuvent ainsi identifier des actions et expérimenter des mesures simples mais efficaces, comme le fait de proposer d'autres horaires ou jours de semaine pour les sorties parents-enfants. Une autre piste d'action expérimentée consiste à organiser des sorties spécifiques "pères-enfants" (avec une accroche telle qu'un match de foot par exemple), dans le but de créer des moments familiaux où les pères s'impliquent pleinement.
Pour autant, proposer des activités spécifiques pour les pères ne fait pas toujours consensus au sein de ce groupe de professionnel-les. Certains préférent privilégier la mixité, d'autres craignent que les moyens d'accroche imaginés pour attirer les pères soient trop stéréotypés (foot, etc.).
La réflexion se poursuit et s'ouvre aux idées et initiatives nouvelles, telles que celle d'un père qui a proposé de mettre en place un atelier de réparation de vélos dans le quartier, afin de pouvoir organiser ensuite des sorties de vélo en famille.

Dans le monde du travail, on connaît les contraintes qui pèsent sur les femmes (plafond de verre, difficulté à gérer la double journée de travail, etc.). Les hommes quant à eux tendent à subir aussi de fortes pressions au travail lorsqu'ils essaient de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. C'est l'une des raisons qui les amène à moins dégager de temps pour s'occuper de leurs enfants. Cela s'explique en partie par la culture du présentéisme, et par la persistance des représentations stéréotypées dans la société et dans le monde du travail concernant le partage des tâches entre femmes et hommes.

Un guide sur la promotion de la parentalité auprès des salariés masculins est disponible sur le site de l'ORSE. Il met en avant des leviers possibles pour les pouvoirs publics et les acteurs économiques et sociaux, afin de permettre aux hommes d'investir pleinement leurs rôles de père sans pour autant en payer le prix fort dans leur vie professionnelle. Promouvoir la parentalité des hommes est une force pour aller vers une société plus harmonieuse, respectant les hommes comme les femmes.

Les entreprises et les collectivités se penchent sur l'égalité professionnelle

Depuis le 1er janvier 2012, les entreprises de 50 salarié-es et plus doivent conclure un accord collectif ou élaborer un plan d'action sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Faute de quoi, elles s'exposent à des sanctions financières.
La loi pose le cadre. Mais elle ne dit pas comment développer la mixité des emplois et arriver concrètement à diminuer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes.
C'est aux entreprises et à leurs partenaires sociaux de définir comment répondre à cet enjeu. Cela suppose par exemple d'innover pour amener de la mixité dans les équipes à tous les niveaux, y compris sur les postes à responsabilité, ou encore d'adopter des mesures pour concilier les temps professionnels et personnels, etc.

Cette question de l'égalité professionnelle se pose également aux collectivités en tant qu'employeurs. La loi du 12 mars 2012 relative à l'emploi dans la Fonction publique comporte un volet pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Elle prévoit notamment un quota de 40% de nomination de femmes aux emplois d'encadrement supérieur d'ici à 2018.
Les collectivités peuvent ainsi se saisir de cette question d'actualité pour favoriser les échanges avec les entreprises et créer un dynamisme local autour de ces enjeux.
Comment s'approprier ces lois et en faire une force ? Comment trouver des ressources et des appuis locaux dans cette démarche ? C'est en réponse à ces questions qu’Échirolles a organisé un atelier sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes le 22 mars dernier.
Découvrez les podcasts réalisés en amont de cet atelier avec la Société dauphinoise pour l'habitat (SDH) et Altran Rhône-Alpes.

Cet atelier a réuni quelques grandes enseignes échirolloises telles que Carrefour, la SDH, le cinéma Pathé Échirolles ou encore APF Industrie. Elles ont pu échanger sur des exemples d'actions concrètes qu'elles mettent en œuvre pour féminiser certains métiers traditionnellement masculins (conducteurs de mini-bus ou gardiens d'immeubles par exemple), et pour recruter des hommes à des postes d'agent-es de caisse ou dans des métiers administratifs notamment.
L'accès des femmes à des postes à responsabilité fait l'objet d'expérimentations. Cela peut passer par l'instauration volontaire de quotas de femmes dans les postes d'encadrement (dans la limite des opportunités d'embauche qui ne sont pas les mêmes pour toutes les entreprises en fonction de la situation économique du secteur d'activité, du turn-over etc.). Afin de rééquilibrer la représentation des femmes dans ces postes, certaines entreprises ont mis en œuvre des stratégies qui leur permettent de cibler des « hauts potentiels », et leur proposent un parcours de formation dédié pour accélérer leur progression professionnelle.
Par ailleurs, d'autres questions se posent sur l'articulation des temps professionnels et personnels, pour les hommes comme pour les femmes, mais les pistes d'action ne sont pas toujours abouties.
Quant à l'égalité salariale, le fait de décider d'une enveloppe budgétaire pour résorber les écarts de salaires peut constituer une mesure efficace. Certains écarts de rémunération sont liés au fait que les femmes sont moins présentes dans les postes à responsabilité et sont orientées vers des filières moins bien rémunérées. Il reste toutefois une part des écarts inexplicable (entre 5% et 10%), sinon par des pratiques de discrimination. Il est parfois difficile de faire la part des choses entre ce qui relève de l'intériorisation de stéréotypes (à l'embauche par exemple ou lors des évaluations annuelles : « cette femme va plus difficilement atteindre ses objectifs si elle a un enfant ») et ce qui relève réellement des performances professionnelles de la personne. Plus les procédures de recrutement, d'évaluation et de progression de carrières sont formalisées, plus on s'éloigne des risques liés aux discriminations.
Globalement, les entreprises échirolloises interrogées sont demandeuses de plus d'échanges sur ces questions, y compris avec des organismes spécialisés sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
C'est aussi à l'échelle de l'agglomération que ces enjeux peuvent être abordés de façon pertinente, d'autant que quelques grosses entreprises locales travaillent sur l'égalité professionnelle depuis de nombreuses années.
En matière de ressources, huit fiches de bonnes pratiques ont été publiées en mars sur l'articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle, la classification, les conditions de travail, l'embauche, la promotion professionnelle, la qualification et la rémunération (ministère des solidarités et de la cohésion sociale et ministère du travail).

Le site de l'ORSE comporte également de nombreuses fiches pratiques mises à jour récemment sur tous les aspects de l'égalité professionnelle : à découvrir !

Programme détaillé "autour du 8 mars" à Echirolles !

Vous pouvez dès à présent télécharger le programme détaillé des événements organisés autour du 8 mars à Echirolles.
Ne tardez pas à réserver pour les spectacles : 04 38 70 17 70
- le 7 mars à 17h : "L'errance est immobile"
- le 8 mars à 20h30 : "Blanche Aurore Céleste"


Document PDF Télécharger le programme (2817Ko)

Un pacte pour l'égalité ?

A l'approche de l'élection présidentielle, les initiatives se multiplient pour rappeler la nécessité de faire avancer l'égalité concrète entre les femmes et les hommes.
Une enquête réalisée auprès de plus de 3 000 personnes par MediaprismGroup a permis de mesurer les attentes des Françaises et des Français en la matière : 7 répondant-es sur 10 souhaitent que l’égalité femmes-hommes soit au cœur du débat présidentiel.
Le « Laboratoire de l'égalité » propose ainsi d'interpeller les candidats à l’élection présidentielle de 2012. A travers le Pacte pour l'égalité, il présente une série de mesures concrètes pour instaurer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes : des sanctions financières en cas de non-respect de l'égalité salariale, un allongement du congé paternité pour favoriser l'implication des pères dans l'éducation des enfants, la formation du personnel éducatif pour lutter contre les stéréotypes de genre, voilà quelques unes des 20 propositions à découvrir.
« Osez le féminisme » interpelle également les candidats, en vue d'inscrire l'égalité femmes-hommes à l'agenda politique de la campagne présidentielle. L'association propose notamment un décryptage des programmes des principaux candidats à la présidentielle autour des thèmes suivants : la précarité, les violences, les libertés, le sexisme, la parité et la parentalité : voir le site.
L'égalité ne peut plus être une « note de bas de page », elle doit être intégrée à toutes les politiques publiques.

Visuel campagne égalité

L'édito de Sylvette Rochas

Ce premier semestre 2012 s’annonce particulier, compte tenu des prochaines échéances électorales dans les mois à venir.

Le rôle du Réseau pour l’égalité de l’agglomération et de la Maison pour l’égalité femmes-hommes d'Échirolles consistera à veiller au maintien et à la progression des dispositions en termes d’égalité entre les femmes et les hommes.

Et nous nous retrouverons à faire de la politique, au sens noble du terme, en nous tenant en alerte sur les propositions notamment dans l’emploi : égalité des salaires, statut professionnel… mais aussi sur les retraites, la santé, les politiques sociales de lutte contre les violences faites aux femmes, la place faite à chacun-e dans l’espace public, dans les institutions, en politique (statut de l’élu-e !!)…

C’est cette vigilance citoyenne qui doit nous animer pour garantir les acquis et poursuivre vers un vivre ensemble toujours plus harmonieux.

En cette année 2012 où nous fêtons le bi-centenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, permettez-moi de vous livrer cette citation, bien avant que l’on pense le 8 mars (il n’est célébré officiellement que depuis 30 ans en France) :

« En ce qu’ils ont de commun, les deux sexes sont égaux ;
en ce qu’ils ont de différent, ils ne sont pas comparables »

 

Sylvette ROCHAS
1ère Adjointe au Maire d’Échirolles
Cohésion sociale, Culture et Égalité Femmes-Hommes, Conseillère générale de l'Isère

L'égalité femmes-hommes dans les politiques publiques locales : un regard sur l'agglomération

Deux nouvelles ressources sont à votre disposition !
L'exposition : « Égalité, regards sur l'agglomération grenobloise » créée avec la Métro propose une douzaine de panneaux sur les enjeux et les expériences locales en faveur de l'égalité. Visuels et informatifs, ils sont aussi un support pédagogique pour les acteurs de l'agglomération investis sur des projets en faveur de l'égalité des sexes. L'exposition est en prêt gratuit à la Maison pour l'égalité femmes-hommes. Elle sera notamment exposée à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, à partir du 5 mars dans le hall de l'Hôtel de Ville d'Echirolles, puis le 8 mars à la Butte. Vous pouvez d'ores et déjà la visionner en ligne et la réserver en nous contactant.

Le livret  « L'égalité femmes-hommes dans les politiques publiques locales » est un recueil d'expériences conduites dans l'agglomération grenobloise. Il propose un panorama dans le domaine des politiques sociales, économiques, d'emploi, de jeunesse, etc, et approfondit les thèmes abordés dans l'exposition. Vous pouvez le télécharger et/ou le feuilleter, ou en commander un exemplaire papier gratuit à la Maison pour l'égalité femmes-hommes.

L'orientation scolaire renforce-t-elle les stéréotypes de genre ?

C'est la question qui a été récemment débattue à l'occasion de la demi-journée d'étude sur « Orientation scolaire et discrimination : quand les différences de sexe masquent les inégalités » organisée à l'Institut français de l'éducation de Lyon le 20 janvier dernier.

Les choix d'orientation scolaire ne sont pas toujours les mêmes pour les filles et les garçons. En effet, seules 12% des filles de CAP/BEP choisissent les métiers de la production contre 88% pour les métiers de service. Et pour les garçons, ces proportions s'inversent. Du côté de l'enseignement général, les filles sont fortement majoritaires dans les filières littéraires et les garçons sont un peu plus nombreux dans les filières scientifiques - bien que la tendance soit à l'équilibre. Or, les conséquences sur l'insertion professionnelle sont directes : il y a plus d'offres d'emploi dans les secteurs traditionnellement investis par les hommes, et les salaires y sont également plus élevés.

Comment expliquer ces choix différenciés ? Longtemps, ce sont les prédispositions dites « naturelles » liées au sexe qui ont servi à expliquer les choix et les aptitudes des filles et des garçons dans les différentes matières. La scolarité des enfants a été d'emblée sexuée.
Après avoir été longtemps exclues de l'éducation secondaire, les filles ont eu accès à des collèges pour les filles en 1880, d'où étaient absentes les matières « nobles » comme le grec, le latin, et la philosophie, ce qui ne les préparait ni au baccalauréat, ni à l'entrée à l'université. L'objectif était de former avant tout des mères de famille, comme l'affirmait Camille Sée : « La République instruit les jeunes filles qui seront les mères des hommes ». En 1919, un baccalauréat féminin était instauré, puis unifié en 1924 avec celui des garçons. Mais malgré cette unification, les programmes des filles comprenaient toujours des options obligatoires telles que les « travaux à l'aiguille » ou encore l'économie domestique et ménagère, qui n'étaient pas dispensées aux garçons. Cette conception du rôle social biologiquement programmé a longtemps dicté les politiques éducatives des filles. Il faudra attendre 1975 pour que soit obligatoire la mixité de l'enseignement dans tous les établissements publics. Et ce n'est qu'en 1984 que la première convention sur la diversification de l'orientation des filles a été signée par les ministères des droits des femmes et de l'éducation nationale.

Et aujourd'hui, pourquoi si peu d'avancées ?

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DVD "Regards croisés - Planning familial de l'Isère - 50 ans de lutte"

Ce DVD apporte un regard croisé sur le Planning familial, entre les militant-es d'hier et les citoyen-nes d'aujourd'hui. Il évoque la création mouvementée du Planning familial à Grenoble en 1961, son fonctionnement et son évolution, et apporte une réfléxion sur la place du Planning familial de nos jours. Vous pouvez visionner le DVD ou l'acheter en contactant le Planning : secretariat@leplanningfamilial38.org ou 04 76 87 89 24.

Saison 1 de l'égalité dans le spectacle vivant : l'Amphithéâtre du Pont de Claix s'engage !

Curieusement, le domaine de la culture et plus spécifiquement celui du spectacle vivant sont loin d'être à l'avant-garde sur les questions d'égalité entre les femmes et les hommes. Quelques chiffres suffisent à souligner cette réalité : 84% des théâtres cofinancés par l'État sont dirigés par des hommes, 85% des textes que nous entendons sur les scènes françaises sont écrits par des hommes, 78% des spectacles que nous voyons sont créés par des hommes. Ces chiffres sont issus du très intéressant rapport De l'interdit à l'empêchement de Reine Prat, commandé par le ministère de la Culture et de la Communication et publié en 2006 puis actualisé en 2009 (disponible en ligne et en prêt gratuit à la Maison pour l'égalité femmes-hommes). Ces constats ont suscité d'abord de l'étonnement et des réactions fortes de la part des professionnel-les de la culture, puis des initiatives ont vu le jour, notamment dans les agglomérations lyonnaise et grenobloise.
C'est ainsi que l'Amphithéâtre du Pont de Claix s'est saisi de cette question. Emmanuelle Bibard dirige l'Amphithéâtre depuis septembre 2010 : c'est une scène Rhône-Alpes qui propose du théâtre, de la danse, de la musique, du cirque pour tout public, jeune ou moins jeune, avec une dimension éducative particulièrement développée. La programmation s'attache à faire vivre les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, avec des spectacles qui apportent leur pierre à l'édifice de l'égalité en général, qu'il s'agisse de l'égalité entre les arts ou de l'égalité entre les hommes et les femmes.
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Filles et garçons : Cassons les clichés !

Quoi de neuf du côté de la lutte contre les stéréotypes sur les garçons et les filles ? Sur un mode ludique et malin, découvrez en ligne un guide pédagogique, un livret pour les élèves et un autre pour les parents. Des jeux, des histoires et des illustrations colorées mettent en scène Madame Ourse et Monsieur Ours : ces outils très bien conçus permettent aux plus jeunes d'identifier et de questionner les clichés les plus courants sur les hommes et les femmes, les filles et les garçons. Les ours proposent aux enfants de s'interroger : bricoler, cuisiner, grimper aux arbres, danser, est-ce réservé à un seul sexe ?
Créés par la Ligue de l'enseignement de Paris, ces outils sont téléchargeables en ligne et sont disponibles en prêt gratuit à la Maison pour l'égalité.

L'édito de Sylvette Rochas

En formulant nos souhaits pour le passage dans l’année 2012, il est intéressant de maintenir un œil dans le rétroviseur pour, sur la base des constats, élaborer nos perspectives.
 

Au plan politique, 2011 a connu deux élections :

Pour les cantonales : Au niveau national, 13,8 % seulement de femmes siègent dans les assemblées départementales. En Isère, après la démission de 3 conseillers généraux, ce sont 3 nouvelles élues (leurs remplaçantes) qui ont rejoint notre équipe portant à 10 le nombre de conseillères sur les 58 élu-e-s (soit 17,24 % ).

Pour les sénatoriales : En 2011, 76 femmes ont été élues au Sénat et représentent 21,8% de la Haute Assemblée. Pour la première fois depuis longtemps, cette part est en diminution : elles étaient 21,9 % en 2008 (et elles ne sont que 18,5 % à l’Assemblée nationale).

 

Les chiffres clés 2010 de l’égalité entre les femmes et les hommes, publiés en 2011 par le Ministère, appellent encore de nombreuses remarques : les écarts ne se comblent pas, les femmes restent les plus précaires, les plus vulnérables, en première ligne pour intervenir dans les emplois d’aide à la personne, pour subir les temps partiels imposés, les horaires atypiques ou décalés … le plafond de verre n’est pas une métaphore mais une triste réalité ! Les réformes successives, que ce soit la réforme des retraites ou celle des collectivités, percutent plus violemment les femmes que les hommes et renforcent les inégalités … Le refus d’inscrire aux programmes scolaires l’approche par genre (faisant un amalgame affligeant entre genre, transgenre, sexualités…) démontre la méconnaissance et le peu de volonté d’avancer sur le sujet.


Le rôle des politiques publiques est pourtant essentiel pour avancer dans ces réflexions, pour ouvrir les consciences et œuvrer, là aussi à un vivre ensemble harmonieux et équilibré, affranchi de toute domination. C’est tout le sens de notre travail à Échirolles où la Maison pour l’Égalité Femmes-Hommes oriente son action de manière intégrée et transversale.


En 2011 le réseau d’agglomération a poursuivi son travail de réflexion, de partage de pratiques et a coordonné des actions notamment dans le cadre de la quinzaine pour l’égalité de la Région initiée par la nouvelle conseillère régionale spéciale à l’égalité, Cécile Cuckierman.


Alors convaincue que c’est par l’action publique que nous pourrons actionner les leviers pour plus d’égalité,

Je vous invite, à l’orée de cette nouvelle année porteuse de multiples espoirs, à écouter les candidat-e-s, à entendre leurs propositions en matière d’égalité, qu’elles soient de genre ou sociales, et à leur faire écho au moyen de vos bulletins de vote pour une société plus juste !
 

Belle et heureuse année à chacun-e.

 

Sylvette ROCHAS
1ère Adjointe au Maire d’Échirolles
Cohésion sociale, Culture et Égalité Femmes-Hommes, Conseillère générale d’Échirolles Est - Bresson

L'info a-t-elle un sexe ?

Presse écrite, télévision, radio : les médias ne sont pas toujours à la pointe de la parité dans les choix de sujets, de portraits ou d'interviews. C'est ce que confirme le nouveau rapport de la Commission sur l'image des femmes dans les médias, qui vient tout juste d'être remis à la ministre Mme Bachelot. Le constat est sans appel : tous médias confondus, ce sont toujours 20 % d’expertes pour 80 % d’experts qui sont choisis. Depuis un an, les représentants des médias se sont lancés dans une démarche « d'autorégulation », pour que la moitié de l'humanité ne soit plus invisible, et pour veiller aux stéréotypes sexistes qui peuvent être véhiculés sur les hommes comme sur les femmes. Cela suffira-t-il pour autant pour concrétiser la parité ?...
Le rapport est disponible en ligne : http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/RM2011-181P_femmes_ds_medias_RAPPORT_definitif.pdf et en prêt gratuit à la Maison pour l'égalité femmes-hommes.

La publication de ce rapport nous donne l'occasion de mettre en lumière quelques initiatives, qui montrent qu'il est possible de passer à l'action pour la parité dans les médias. Sur internet, on peut notamment faire un tour du côté des « Nouvelles news » : ce très bon magazine d'information choisit de traiter l'actualité en respectant la parité. Il donne autant de visibilité aux femmes qu'aux hommes dans le contenu de l'information, et tente de gommer les stéréotypes sexués. A découvrir en ligne : www.lesnouvellesnews.fr

Sur les ondes, l'émission "Les femmes, toute une histoire" propose également un regard nouveau sur l'actualité. Présentée par Stéphanie Duncan, l'émission est diffusée le dimanche de 16h à 17h depuis le mois de septembre sur France Inter. Chaque semaine, elle décrypte l'histoire des femmes et de la marche vers l'égalité, en France et dans le monde, et permet de mieux comprendre les enjeux du présent et les débats d'actualité. Une autre façon de mettre en lumière le rôle des femmes et des hommes dans les révolutions arabes par exemple, et de donner la parole à de nombreux spécialistes, parmi lesquels Françoise Héritier, Elisabeth Badinter ou encore Geneviève Fraisse. Les émissions archivées peuvent être écoutées en ligne sur le site de France Inter : www.franceinter.fr/emission-les-femmes-toute-une-histoire

Rappelons enfin la diffusion régulière de l'émission « DégenréE », sur la radio grenobloise Kaléidoscope. Pendant 1h30, l'émission questionne la construction des identités de genre, à travers des thèmes tels que l'éducation, les religions, l'immigration, la prison ou encore le rapport au corps, en mettant en lumière le point de vue de femmes. Diffusion sur Kaléidoscope dans l'agglomération grenobloise sur 97 FM, le deuxième et quatrième mercredi du mois de 18h30 à 20h, et le premier et troisième lundi à 18h.

Nouvelles news

Concours jeunes : « Buzzons contre le sexisme » !

Nombreux et nombreuses sont les jeunes qui ont des idées, des choses à dire et à montrer, et une grande envie que le monde bouge vers plus d'égalité entre les filles et les garçons, les hommes et les femmes. La webTV « Télé debout » ouvre un concours national pour valoriser leurs initiatives, et pour faire le buzz contre le sexisme.
Entre 10 et 22 ans, seuls ou en équipes, accompagnés ou non, les jeunes peuvent réaliser une vidéo drôle, sérieuse, révoltée, déjantée... Avec une caméra ou un simple téléphone portable, ils auront 2 à 20 minutes pour s'exprimer en image.
Humour, parodie, renversement de situations pour mettre en évidence les inégalité, utopies d'un monde idéal ou l’égalité entre les sexes existerait, fictions, documentaires sur des actions en faveur de l'égalité, séquences d’animations en utilisant pâte à modeler ou dessins… Tous les genres sont possibles !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 31 décembre 2011,  les films devront ensuite être envoyés avant le 15 mars 2012. Les gagnant-e-s dans chaque catégorie d'âge remporteront des prix (matériel vidéo, DVD, livres...).
Dans l'agglomération grenobloise, les films seront présentés dans le cadre d'une Carte Blanche aux jeunes pour l'égalité. Une manière d'amener de nouvelles idées, de l'énergie, des images et des questions, pour faire avancer l'égalité.
Pour s'inscrire : http://teledebout.org/concours/qui-quoi-comment/

Buzzons contre le sexisme

Semaine de la Solidarité internationale à Eybens, Gières, Herbeys, Poisat et Venon : les femmes et le développement

Le Collectif Solidarité internationale du canton d’Eybens s'engage de nouveau dans la campagne de la Semaine de la solidarité internationale du 14 au 20 novembre 2011. Le thème choisi cette année, “Fille, femme, mère”, nous donne l'occasion de revenir sur quelques uns des 8 Objectifs du millénaire pour le développement, définis en 2000 par les Nations Unies : 

 

Objectif 2 : Éducation. Donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle d’études primaires. Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires.

 

Objectif 3 : Égalité des sexes et autonomisation des femmes. Deux tiers des illettrés sont des femmes. Le taux d’emploi des femmes est inférieur d'un tiers à celui des hommes. Pourtant, lorsque des femmes sont impliquées dans des initiatives (projet de développement
agricole par exemple), le taux de réussite est nettement supérieur à celui constaté lorsqu’elles en sont exclues. Si elles sont victimes de violences, d’intolérances et de persécutions, elles luttent chaque jour pour leur survie, la démocratie, la justice et plus généralement le respect de leurs droits fondamentaux.

 

Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle. Si des progrès sont notés, le taux de mortalité reste important : 1 femme sur 48 meurt en moyenne pendant l’accouchement. Le 20 septembre 2011, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a rappelé l’importance du programme “Chaque femme, chaque enfant”, et l’organisation a pris de nouveaux engagements pour sauver les femmes et les enfants.

 

Le Collectif s’est saisi de cette problématique afin de partager, de débattre de cette réalité à travers un programme varié proposé pendant cette semaine : théâtre, musique, expositions, débats. Partez à la découverte !

SSI 2011

25 novembre 1981 - 25 novembre 2011... drôle d'anniversaire !

 

L’année 2011 entre en résonance avec plusieurs événements :

  • 1791 : 220 ans qu’Olympe de Gouges rédigeait sa désormais célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
  • 1981 : 30 ans que la France voyait la mise en place de son premier Ministère des Droits des Femmes
  • 1991 : 20 ans qu’une femme occupait pour la  première (et unique !) fois le poste de 1ère Ministre…
  • Et c’est depuis 30 ans, le 25 novembre 1981, suite à l’assassinat le 25 novembre 1960 des 3 soeurs Mirabal en République dominicaine, que les défenseur-e-s des droits des femmes commémorent une journée contre les violences sexistes.

Si l'on questionnait une personne prise au hasard sur ce que représente le 25 novembre, cela ne lui évoquerait sans doute pas grande chose, sauf peut-être la Sainte Catherine si elle a gardé en mémoire de vieilles traditions... C'est pourtant la date retenue par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1999 pour condamner les violences faites aux femmes, considérant que ce problème avait atteint les proportions d’une pandémie : 

Au moins une femme sur trois, dans le monde, a déjà

  • été battue,
  • contrainte à avoir des rapports sexuels,
  • ou a été victime d'autres mauvais traitements - généralement de la part d'un proche.

Les violences conjugales ne relèvent pas de l’intime ou de la sphère privée où elles bénéficieraient du secret, se jouant entre deux individus dans un rapport de domination: elles concernent toute la société par le coût social et économique dont l’ampleur est encore trop méconnue.
Aujourd’hui « l’arsenal juridique »* permet aux femmes de dénoncer des conjoints, fils, pères ou frères qui useraient de ce rapport violent pour contraindre, humilier, dominer des compagnes, filles, mères, épouses, sœurs...
 

Alors qu’elles n’hésitent plus, qu’elles parlent, qu’elles portent plainte, qu’elles appellent le 3919 ! De nombreuses associations et professionnel-le-s peuvent les écouter et les aider.


Sylvette ROCHAS,
1ère Adjointe au Maire d'Échirolles
Cohésion sociale, Culture et Égalité Femmes-Hommes
Conseillère générale de l’Isère

 

* « L’arsenal juridique » existe mais est encore insuffisant : voir ci-après l’appel d’associations de défense des droits des femmes à une manifestation à Paris, le 5 novembre prochain.

Contre les violences au pays des « droits de l'Homme », où sont les droits des Femmes ?

Appel à la manifestation nationale du 5 novembre à Paris contre les violences faites aux femmes :

 

"La domination masculine imprègne l’ensemble des rapports sociaux entre les sexes. Elle distribue le pouvoir et les places de façon complètement inégalitaire entre les femmes et les hommes : au travail, dans la représentation politique, à la maison, dans le sport, les médias, les arts et la culture. Partout les femmes doivent se battre pour l’égalité.
Les affaires récentes impliquant des hommes politiques ont mis en évidence un déni profond des violences faites aux femmes. Les insultes sexistes, les propos méprisants ont fusé et occupé écrans et colonnes de journaux. A l’heure actuelle, la confusion est grande entre libertinage et violence sexuelle, entre drague et harcèlement sexuel, entre relation sexuelle et viol.
Ces affaires sont médiatisées uniquement en raison de la célébrité des hommes concernés.
Les violences envers les femmes sont quotidiennes et universelles sur l’ensemble de la planète. Elles sont l’expression des rapports de domination exercés par les hommes sur les femmes dans le système patriarcal.
Les violences, toutes les femmes connaissent : elles peuvent aller crescendo, de l’insulte au meurtre, en passant par le viol, du sexisme ordinaire au crime…

  • c’est la main aux fesses dans le métro et les sifflets méprisants dans la rue
  • c’est la fille obligée de s’habiller en jogging pour avoir la paix
  • c’est la femme menacée d’un mariage forcé
  • c’est la femme qui rentre à 2 heures du matin et regarde sans cesse derrière elle pour voir si personne ne la suit
  • ce sont les coups, injures, insultes, menaces, humiliations, viols par le conjoint
  • c’est la copine, au travail, harcelée constamment par son chef qui veut la faire « passer à la casserole »
  • c’est la lesbienne qui est violée pour lui apprendre ce qu’est « un homme, un vrai »
  • c’est la voisine qu’on entend crier et pour laquelle on hésite encore à appeler les flics
  • c’est la femme qui n’a jamais pu dire que son père l’a violée dans sa jeunesse et que cela a fichu sa vie en l’air
  • c’est la femme immigrée qui ne peut rien dire contre les violences de son mari quand son titre de séjour dépend de lui
  • c’est la femme violée dans un conflit armé qui réclame l’asile en France
  • c’est la mère de 3 enfants qui vit seule et est contrainte de se prostituer pour boucler les fins de mois
  • c’est la fille violée par plusieurs garçons, que ce soit dans une cave, un salon ou lors d’un bizutage
  • c’est la femme qui meurt sous les coups d’un conjoint ou d’un ex conjoint…

Nous féministes individuelles, associations féministes, syndicats et partis politiques, tenons à réaffirmer que la lutte contre les violences faites aux femmes est une lutte première pour atteindre l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et que nous continuerons à la mener envers et contre tout. Nous réaffirmons que les violences sexuelles ne sont pas du domaine du privé, du domaine de la drague et de la séduction. Elles sont du domaine public car elles tombent sous le coup de la loi.
 

LES REVENDICATIONS
Pour lutter contre les violences, pour signifier l’interdit, il faut des lois à la fois ambitieuses et pleinement mises en oeuvre. Il faut donc avoir la ferme volonté politique de voter des lois efficaces et de les appliquer en se fixant comme tout premier objectif d’informer, de sensibiliser, de convaincre. Ce n’est pas le cas de la énième loi contre les violences votée, grâce à nos mobilisations, en juillet 2010.
Malgré des avancées, elle est en effet incomplète parce que de nombreuses revendications ont été laissées de côté lors des débats législatifs. En outre, les premières remontées sur son application semblent pour le moins « contrastées »… CA SUFFIT !
Parce que les violences ne doivent pas être une fatalité pour les femmes, nous exigeons, comme en Espagne, une loi cadre contre les violences faites aux femmes.
Tout de suite nous exigeons :

  • des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes auprès de tous les publics et la mise en place d’une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l’éducation nationale
  • une formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour tou-te-s les professionnel-le-s concerné-e-s
  • la possibilité que toutes les femmes en danger de violences soient protégées, de par la loi, et non seulement celles victimes de violences conjugales ou menacées de mariage forcé.
  • le changement dans le code pénal et le code du travail de la définition du harcèlement sexuel. Le harcèlement sexuel c’est, comme le dit l’Union Européenne, un « comportement non désiré à connotation sexuelle »
  • la délivrance ou le renouvellement dans les plus brefs délais du titre de séjour pour les femmes étrangères victimes de violences conjugales.
  • le statut de réfugié pour toute femme demandant l’asile parce victime de violences sexistes, sexuelles ou lesbophobes
  • l’abrogation du délit de racolage et la mise en œuvre d’une politique de pénalisation du client de la prostitution.
  • une réelle politique de logements prioritaires pour les femmes en danger.
  • la mise en place d’un Observatoire national des violences qui étudie, impulse, évalue les politiques menées
  • Nous exigeons aussi que des moyens soient dégagés pour permettre un contrôle de l’application des lois sur les violences faites aux femmes. Nous exigeons qu’une commission de contrôle multipartite soit mise en place où siègeraient les pouvoirs publics, des parlementaires et des associations de défense des droits des femmes.
  • Enfin nous exigeons que les associations féministes conservent les missions de service public auprès des victimes qui leur sont conférées, ce qui implique non seulement le maintien des moyens financiers qui leur étaient accordés mais aussi leur augmentation. Il est hors de question que l’État se désengage ! Si des missions de service public sont transférées aux collectivités territoriales, le budget doit suivre ! "

Signataires : Collectif national pour les Droits des Femmes, Actit-Union des Femmes Socialistes, Agir contre le chômage, les Alternatifs, Alternative Libertaire, ANEF, Apel-Egalité, Association des communistes unitaires, Association Contre le Bizutage, Association Groupe Cadre de Vie, Association pour les Droits des Femmes du 20è, Association v.ideaux/teledebout.org, Atalante vidéo, Attac, CADAC, Centre LGBT Paris Ile de France, CGT, Les Chiennes de garde, Collectif féministe Handicap, Sexualité, Dignité, Collectif féministe contre le Viol, Collectif Féministe « Ruptures » et Réseau Féministe « Ruptures », Collectif féminin masculin de Vitry, Collectif mixité CGT des Bouches du Rhône, Collectif région parisienne pour les Droits des Femmes, Comité de vigilance et de suivi pour l’application de la loi du 9 juillet 2010, Coordination lesbienne de France, DECIL : Démocratie et Citoyenneté Locale (Mantes la Jolie), Du Côté Des Femmes ( Cergy), FASTI, Elu-e-s contre les Violences faites aux Femmes, Europe Ecologie Les Verts, « Femmes libres » Radio Libertaire, Fédération nationale Solidarité femmes, Femmes solidaires, FIT, une femme, un toit, FSU, Garçes (groupe d’action et de réflexion contre l’environnement sexiste, Sciences po Paris), Gauche unitaire, Initiative des Femmes Kurdes en France, Initiative Féministe Européenne France,Intersyndicale CFDT-CGT SDFE, Lesbiennes of Color, Ligue des Droits de l’Homme, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Maison des Femmes de Montreuil, Marche mondiale des Femmes, MJCF, Mouvement Jeunes Femmes, NPA, Osez le féminisme, Paroles de femmes, Parti Communiste Français, Parti de Gauche, Parti socialiste, Planning Familial, RAJFIRE, SOS sexisme, Stop Précarité, UNEF, Union syndicale Solidaires.

 

Pour signer l'appel : signatures5novembre@gmail.com

Affiche 5 novembre 2011

Enquête : les Françaises et le féminisme

Une intéressante enquête vient d'être publiée, sur le regard que portent les Françaises sur le féminisme et sur les campagnes d’ «Osez le féminisme !» . 
Réalisée par Harris Interactive pour Grazia (auprès d'un échantillon représentatif de 744 femmes de 18 ans et plus), elle nous permet de découvrir le regard des femmes sur la place du féminisme aujourd’hui dans la société française : un peu plus de la moitié des Françaises (55%) se définissent elles-mêmes comme féministes, et huit femmes sur dix estiment que l’existence de mouvements et associations féministes est utile aujourd’hui.
Et l'avis des hommes sur la question ? Aux associations de les mobiliser aussi sur les enjeux de l'égalité des sexes !
Les résultats de l'enquête sont à découvrir en ligne : http://www.harrisinteractive.fr/news/2011/07102011.asp
Bonne lecture !

Mme Melle M

Jeudi 20 octobre à la Bobine - Femmes, hommes : paroles et mots s'invitent, l'égalité s'invente

Dans le cadre de la Quinzaine pour l'égalité femmes-hommes en Rhône Alpes, la Métro, la ville d'Échirolles et la Maison pour l'égalité femmes hommes vous invitent à brasser les mots et les idées, à débattre... & à slamer !

  • 18h-19h30 : Conférence-débat

Femmes et hommes : quels enjeux pour l'égalité, quelles nouvelles formes d'action possibles ?
Faire avancer l'égalité : oui, mais comment ? Acteurs publics et associations peuvent-ils inventer de nouvelles formes d'action ?
. Jocelyne Bougeard, adjointe au maire de Rennes, Présidente de la commission égalité de l'AFCCRE (Association française du conseil des communes et régions d'Europe)
. Chloë Legouez , collectif «La Barbe»
. Laurine Bricard, Osez le féminisme
. et avec Alberte Dessarts, Conseillère déléguée Métro chargée de l'égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et de l'accessibilité, et Sylvette Rochas, 1ère adjointe au maire d'Échirolles chargée de la cohésion sociale, du développement culturel et de l'égalité femmes-hommes.

  • 19h30 : Les communes s'engagent !

Signatures de la Charte européenne de l'égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale par Gières, Poisat et Herbeys. Avec Sarah Boukalaa, Conseillère déléguée à la jeunesse, région Rhône-Alpes, et Jocelyne Bougeard, adjointe au maire de Rennes, Présidente de la commission égalité de l'AFCCRE.

  • 20h : Buffet solidaire déambulatoire autour de l'exposition « Égalité : Regard sur l'agglomération grenobloise »
  • 20h30 : Soirée slam

Scène ouverte aux arts de la parole, pour toutes et tous,
présentée et animée par Barbie Tue Rick, Boutchou, et Mots Paumés.
Vous avez 5 minutes pour dire, lire, improviser un poème, un texte, une histoire, une chanson, un conte, un sketch... sur le thème : ''Égalité entre les femmes et les hommes''.
N'oubliez pas vos textes !
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Entrée libre et gratuite
Jeudi 20 octobre à partir de 18h à la BOBINE
42 boulevard Clémenceau - Grenoble

Stéréotypes : stop !

Première Quinzaine régionale de l'égalité femmes-hommes : au féminin et au masculin, les acteurs de l'agglomération grenobloise se mobilisent !

L'égalité a-t-elle un sexe ?
C’est la question que pose la Région Rhône-Alpes tout au long de cette première Quinzaine pour l’égalité entre les femmes et les hommes, du 7 au 21 octobre 2011. Initiée par Cécile Cukierman, Conseillère spéciale à l’égalité femmes-hommes, cette Quinzaine est l'occasion de bousculer idées reçues et stéréotypes, qui pèsent sur les femmes comme sur les hommes.
Les initiatives vont se multiplier dans la région et dans l'agglomération : conférences, expositions, publications, théâtre, formations, débats, humour… la Quinzaine sera jalonnée de moments forts pour témoigner du chemin à accomplir autant que des succès déjà rencontrés.
Pour les collectivités territoriales, les associations, les institutions qui s'engagent en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes, l'heure est venue de faire bouillonner les idées et les actions ! Profitez de cette riche programmation d'octobre pour venir partager les enjeux, apporter des éclairages et des idées nouvelles, pour que l'on puisse inventer ensemble l'égalité pour demain.
Retrouvez l'ensemble du programme de l'agglomération grenobloise dans l'agenda des Rdv de l'égalité, et sur le site du Conseil régional Rhône-Alpes.
Bonne Quinzaine à tous et à toutes !

Affiche Rhône-Alpes

Le football féminin sort de l'ombre

Pour la première fois, le Stade des Alpes va accueillir une rencontre de foot féminin, à l’initiative de la Métro et en partenariat avec le Conseil général. Une première qui tombe à pic alors que la discipline n’avait jamais été autant exposée médiatiquement, grâce à la belle performance de l’équipe de France en Coupe du monde et du trophée remporté par les Lyonnaises en UEFA Women's Champions League 2011.

Pour le club de Claix, un match comme celui-là représente donc une aubaine. “C’est sûr, les filles sont très emballées”, explique dans un sourire l’entraîneur du Claix Football Féminines, Nicolas Bach. “Jouer l’OL au Stade des Alpes, c’est pour nous une occasion énorme !”

Championnes d’Europe, les Lyonnaises trustent aussi la première place du championnat français de D1 depuis cinq ans. Autant dire que les “Violettes” de Claix, 5e de D2 en 2011, auront fort à faire.

Pour autant, celles-ci ne sont pas disposées à se laisser manger toutes crues. “C’est un vrai match de début de saison ! Notre championnat commence la semaine suivante et on fait une grosse préparation. Nous prenons cette rencontre très au sérieux.”

Autre point positif, la lumière portée à cette occasion sur le foot féminin dans l’agglomération. La discipline commence tout doucement à y pointer son nez avec des sections existantes ou en cours de création à l’US Gières, l’UO Portugal (Saint-Martin-d’Hères), Les 2 Rochers (Saint-Égrève), Meylan Le Rachais ou l’US Versoud.

Des clubs parmi lesquels le Claix Football (80 féminines sur 240 licencié-es) compte bien prendre bonne place, avec un véritable projet tourné autour d’une section féminine complète.
“Notre objectif, explique Nicolas Bach, est de réussir à monter des équipes exclusivement féminines chez les 7 à 12 ans, qui jouent le plus souvent en équipe mixte, une situation insuffisamment motivante pour les joueuses.”

L'égalité, c'est maintenant !

 

Les 2 et 3 juillet derniers, quelques 600 participants et participantes se sont réunis à Evry pour les « Rencontres féministes », organisées à l'initiative de la jeune association « Osez le féminisme ».

Cet événement, sans précédent depuis dix ans, portait une double ambition : jeter un regard neuf sur la question de l'égalité, mais aussi « dépoussiérer » quelque peu le mouvement féministe, souvent un peu 'ringardisé' (tout autant que méconnu). Ces rencontres ont su relever le défi de réunir des hommes et des femmes de tous âges, ainsi que de nombreuses associations féministes.

Pari tenu ! Les débats qui ont animé ces deux journées de rencontres ont permis de converger vers un texte commun : « L'égalité, maintenant » ! Ce manifeste pointe l'urgence de faire avancer les droits, mais aussi les mentalités. En effet, mobilisation et vigilance restent indispensables face aux fermetures de centres IVG par exemple, mais aussi devant la persistance d'un « sexisme ordinaire » qui se manifeste jusqu'aux plus hautes sphères de la société. Autant de raisons pour les associations participantes de dépasser leurs dissensions et de se rassembler.

Si les points de divergence sont toujours présents au sein du mouvement féministe (sur des sujets comme la prostitution, la pornographie, ou encore les différentes modalités d'action), ces deux journées ont avant tout été placées sous le signe de la transmission entre les générations, et de la mutualisation des énergies. Avec une volonté commune : faire en sorte que les enjeux de l'égalité entre les femmes et les hommes trouvent toute leur place dans la campagne présidentielle et les débats qui s'amorcent. A suivre...


(Lire la suite)

Beaucoup de bruit pour rien ?

Dans les remous de la déferlante médiatique suscitée par la maintenant fameuse « affaire DSK », de nouvelles voix se sont élevées pour dénoncer le « sexisme ordinaire » qui traverse encore aujourd'hui toutes les sphères de la société française, depuis la classe politique, en passant par le monde du travail et jusque dans les foyers. En effet, derrière la revendication du droit à la présomption de « véracité » pour la victime des faits présumés, qui fait écho au droit à la « présomption d'innocence » rappelé de façon chronique depuis l'éclosion de l'affaire, c'est un message de ras-le-bol que font entendre aujourd'hui des militant-es féministes, des journalistes, des hommes et des femmes politiques. Fer de lance de cette contestation, les jeunes associations Osez le féminisme, la Barbe et Paroles de femmes ont publié le 21 mai dernier un manifeste intitulé « Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent ! », assorti d'une pétition qui compte aujourd'hui près de 30 000 signataires (www.osezlefeminisme.fr/article/sexisme-ils-se-lachent-les-femmes-trinquent).

Le message est le suivant : au-delà de la culpabilité ou non de l'ex-président du FMI, rien ne justifie les propos sexistes et les tentatives de minimisation de la gravité des violences sexuelles qui ont pu être entendus ces dernières semaines, à la radio, à la télévision, mais aussi au travail, au café, sur internet... Dans ce contexte, il apparaît en effet salutaire de rappeler quelques chiffres : on estime à plus de 75 000 le nombre de femmes victimes de viols en France chaque année. Seuls 6% des agressions sexuelles feraient l'objet d'une plainte auprès des services de police. Dans 80% des cas, l'agresseur est connu de sa victime.

Un ras-le-bol qui laisse place à une forme d'espoir néanmoins : ces derniers jours ont vu émerger un discours de dénonciation du sexisme presque unanime dans les médias, relayé y compris par ceux qui avaient été mis au pilori pour leur propos, parmi lesquels l'ex-directeur de Marianne Jean-François Kahn. Si certains y verront probablement une manifestation supplémentaire de la « pensée unique » et du politiquement correct, d'autres avancent déjà que la question de l'égalité des sexes et de la lutte contre le sexisme figureront en bonne position parmi les enjeux de la présidentielle de 2012. Beaucoup de bruit donc, mais peut-être pas pour rien cette fois-ci.

Allez les filles... et les garçons !

C'est par un mercredi de grand beau-temps que les petits échirollois et les petites échirolloises sont venus célébrer le 25 mai dernier, comme chaque année à la même période, la "fête de l'école municipale des sports". Un moment fort, piloté par le service des sports de la ville d'Echirolles, qui entend associer un temps festif et convivial à la découverte d'une pratique sportive et de l'univers qui l'entoure. Cette année, la fête a mis à l'honneur le rugby et la Nouvelle-Zélande, avec en perspective la Coupe du monde qui se tiendra de l'autre côté de la planète à l'automne 2011.

Au programme : tournoi de rugby et découverte de l'univers du ballon ovale à travers plusieurs activités, sportives et culturelles. Pour l'occasion, la Maison pour l'égalité femmes-hommes animait trois stands, avec pour ambition d'ouvrir les perspectives des plus jeunes quant à la pratique du sport, au delà des stéréotypes de genre, tout en les sensiblisant au respect et à l'égalité filles-garçons à travers quizz et jeux. Les enfants ont également pu découvrir le "plaquage" de façon ludique, grâce à la participation bénévole de deux joueuses de l'équipe féminine des "Coccinelles" (grâce à une très belle saison, les "Coxs" se verront peut-être ouvrir une place en Fédérale 1 pour la saison prochaine - http://www.gucrugby.fr/Feminines.html).

Après un haka collectif, c'est la tête pleine de bons souvenirs, et avec sans doute de nouvelles vocations pour le rugby, que les enfants ont quitté cette manifestation, prenant d'ores et déjà rendez-vous pour de nouvelles aventures sportives l'année prochaine.

"La fabrique des garçons, sanctions et genre au collège"

"La fabrique des garçons", c'est le livre passionant publié par Sophie Ayral, institutrice puis professeure d'Espagnol, qui conduit également des recherches universitaires sur la violence à l'école. Dans la continuité de sa thèse, elle a choisi de mettre en lumière un chiffre : dans 80% des cas, les sanctions au collège concernent les garçons. Sophie Ayral propose d'analyser cette apparente inégalité de traitement en interrogeant le système punitif à la lumière du genre.

En adoptant ce point de vue original et en donnant la parole aux élèves et aux adultes, l'auteure dévoile la face cachée de la punition scolaire : au fil des pages, elle révèle la façon dont l'institution scolaire renforce, à son corps défendant, des identités de genre stéréotypées, et galvanise les comportements "virilistes" qu'elle voudrait sanctionner. Plutôt que de parvenir à réprimer des mots ou des actes violents, sexistes ou homophobes par exemple, la punition manque sa cible : elle devient un moyen, pour certains garçons, d'asseoir leur identité masculine en défiant l'autorité scolaire, renforçant à leurs yeux leur virilité. La sanction devient alors partie intégrante d'un système de confrontation permanent entre ces élèves et l'institution. 

Ce sont également les relations des élèves entre eux qui sont concernées : l'auteure précise que les jeunes filles auraient en effet tendance à préférer les "bad boys" souvent punis, ce qui rendrait la sanction encore plus "rentable" pour les garçons. Ce qu'ils mettent en péril en matière de réussite scolaire et professionnelle à long terme, ils le gagnent en reconnaissance sociale immédiate et en respect de la part de leurs camarades. Dès lors, certains jeunes adoptent volontairement une attitude répréhensible pour rechercher la punition, annulant ainsi l'effet dissuasif de la sanction.

Cet ouvrage est aussi un plaidoyer pour une éducation vraiment égalitaire, qui ne renforce pas, mais au contraire combatte les processus de reproduction des stéréotypes de genre, et par extension, des inégalités entre les sexes.

Carmen dans(e) la cité

Une vingtaine de jeunes grenoblois et grenobloises travaillent depuis un an autour d'un spectacle de danse intitulé "Carmencité-Carmencità". A l'origine de ce spectacle, un projet de création artistique, porté par la MJC Prémol.

L'été dernier, c'est la question des relations entre les jeunes du quartier, et en particulier celles des rapports sociaux entre les sexes, qui s'est imposée comme le fil rouge du projet naissant. La démarche de création a ensuite été alimentée par la recherche de textes et de musiques, la rencontre de professionnel-les de différents horizons, l'écriture de chansons, l'invention de chorégraphies, ainsi que l'interprétation musicale et vocale d'un nouveau répertoire. Mais c'est aussi et surtout une réflexion collective autour des identités féminines et masculines, autour de la place des filles et des garçons dans le quartier, leur façon d'interagir, de s'affronter et de s'aimer, qui s'est dessinée à mesure que le projet avancait... Le thème retenu finalement est celui du crime passionnel : le choix se porte en effet sur l'opéra "Carmen" comme support à l'expression du quotidien des jeunes et à la mise en jeu de cette problématique universelle que sont les rapports sociaux de genre.

C'est donc à partir du vécu des jeunes investi-es dans le projet, de leur rapports au genre et à l'autre, que le spectacle de danse prend forme. Si le choix de mettre en scène l'histoire tragique de Carmen convoque inéluctablement un répertoire assez dramatique et transmet de fait une vision relativement funeste de la situation, ce parti-pris permet néanmoins de mettre à jour certaines réalités de la violence et de l'incompréhension qui président parfois aux relations entre garçons et filles, dans les "quartiers" comme ailleurs... réalités encore trop souvent passées sous silence. Un exutoire, en somme, derrière lequel se cache une démarche exemplaire, menée collectivement par des filles et des garçons, avec la ferme intention de se libérer des contraintes de genre pour avancer sur le terrain de l'égalité des sexes et du vivre-ensemble. Le chemin à faire est encore grand, certes, mais c'est avec ce type d'initiatives et d'énergie que les choses avancent, les mentalités avec...

 

Samedi 3 juin à 20h30 et dimanche 4 juin à 17h
Théâtre Prémol, Grenoble

 

Voir aussi l'agenda de l'agglo
 

Forum objectif emploi d'Échirolles : Plus d'égalité dans l'emploi, c'est possible ?

Le forum Objectif emploi, qui s'est tenu le 21 avril dernier à Échirolles, a accueilli des personnes venues de toute l'agglomération, à la recherche d'informations, de contacts et de pistes pour construire leur avenir professionnel.

Cette année, c'est l'accès à l'emploi pour les femmes qui a été retenu comme thème-phare du Forum. Une table-ronde a permis aux intervenantes et au participant-es de comprendre pourquoi l'égalité n'est pas encore une réalité dans le domaine de l'emploi : difficultés pour trouver des modes de garde pour les enfants à des coûts accessibles (c'est un vrai frein qui empêche encore de trop nombreuses femmes de s'engager dans l'emploi), problèmes pour retrouver un emploi après un congé parental long, discriminations à l'embauche, temps partiel subi, écarts de salaires, plafond de verre... Au fil des témoignages, la liste s'allonge.

Pourtant, au-delà de ces obstacles, des solutions existent... Et d'autres sont encore sans doute à inventer !
Parmi ces solutions, l'accompagnement proposé par des associations comme le CIDFF apporte un vrai plus : le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles propose des suivis gratuits et personnalisés à Grenoble, ainsi qu'un nouveau dispositif, Quinqu'elles, pour les femmes de plus de 45 ans qui souhaitent reprendre une activité professionnelle. Du côté de Pôle Emploi, il existe des aides financières pour accéder à l'emploi, pour aider à financer la garde d'enfants notamment.
Les initiatives sont nombreuses, parmi lesquelles celle de la Mission locale Sud-Isère qui s'est engagée depuis plusieurs années dans une démarche volontariste pour favoriser l'ouverture des choix professionnels des jeunes filles comme des jeunes garçons, au-delà des stéréotypes de genre : une façon concrète d'agir pour une plus grande mixité dans tous les métiers.

La maison pour l'égalité femmes-hommes relève aussi que les employeurs ont leur carte à jouer dans cette marche pour l'égalité : développement de crèches d'entreprises, vigilance sur l'égalité professionnelle, label égalité... Quelques organismes et entreprises locales s'engagent dans cette voie, qui reste à poursuivre pour que de plus en plus d'initiatives voient le jour.

Enfin, la solution viendra aussi d'autres évolutions, qui ne se jouent pas seulement dans le monde du travail, mais aussi au coeur même de la sphère privée, au sein des familles : aujourd'hui en France, les femmes assument en moyenne 80% des tâches ménagères. Avec une répartition plus équilibrée de ces responsabilités dans les foyers, il deviendra plus facile pour les femmes d'investir la sphère professionnelle (mais aussi associative, politique...) aux côtés des hommes.
Un véritable changement en profondeur, indispensable pour que l'égalité puisse se conjuguer aussi dans le domaine de l'emploi !

Visuel forum

Edito de Sylvette Rochas

1er Mai : Fête du travail ? Mais aussi journée de mobilisation pour la défense des droits des travailleuses et des travailleurs. C'est donc le moment où jamais pour dénoncer haut et fort les discriminations à l'emploi en direction des femmes.
Au-delà des emplois précaires dédiés majoritairement aux femmes -et aux femmes seules avec enfants- une étude récente confirme les écarts de salaires entre les femmes et les hommes = 27 % ! Ecart encore plus important chez les cadres : 32 % !
Alors que les jeunes filles sont plus brillantes dans leurs études que les garçons, ce sont elles qui, adultes, sont les plus précarisées dans l'emploi.
Nous oeuvrons pour que les pouvoirs publics s'emparent vraiment de cette question et développent de vrais moyens (car au-delà des rôles dédiés culturellement aux pères et mères, quand le salaire féminin est plus bas, c'est un argument supplémentaire pour renvoyer la femme dans son foyer et maintenir le "chef de famille" au travail ! )
 

Alors si vous êtes témoin ou victime de discrimination de genre au travail, ne le taisez plus, faites le savoir car c'est illégal !

 

Sylvette ROCHAS,

Adjointe au Maire d'Echirolles Culture & Egalité femmes-hommes

Conseillère générale de l'Isère

 

Journée internationale de lutte contre l'homophobie

Le 17 mai célèbrera la journée mondiale contre l'homophobie. Force est de constater qu'il reste encore beaucoup à faire en matière de lutte pour l'égalité des genres et des sexualités. En effet, l'homosexualité est encore considérée comme une pratique déviante et illégale dans plus de 70 pays dans le monde, voire passible de la peine de mort dans une dizaine d'Etats. En France, l'homosexualité n'est dépénalisée que depuis 1981, et il a fallu attendre 1990 pour qu'elle soit retirée de la liste des maladies mentales éditée par l'Organisation Mondiale de la santé. Par ailleurs, l'homophobie reste, tout comme le sexisme (dont elle n'est au fond qu'une manifestation supplémentaire) très "ordinaire", souvent passée sous silence ou relativement tolérée dans la société française actuelle. Dans ses manifestations les plus abouties, l'homophobie se traduit par des discriminations ayant pour origine l'orientation sexuelle, réelle ou supposée, d'une personne, ou encore les violences à caractère homophobe, qui tuent chaque année plusieurs dizaines de français-es.

Poisson d'Avril ?

On aurait pu croire à une mauvaise farce, c'est pourtant bien la vérité... Le quotidien Libération a révélé fin mars une affaire de sexisme 'ordinaire' en milieu professionnel. 

C'est l'histoire d'une inspectrice régionale d'académie, qui informe les enseignants masculins de la disponibilité d'un poste en classe préparatoire à Limoges. Et c'est l'histoire de leurs collègues femmes qui se sont vues refuser ce droit à l'information pour 'raisons familiales'. En effet, c'est pétrie de bonnes intentions que l'inspectrice a jugé préférable de n'avertir que les hommes de la vacance de ce poste, estimant que ce dernier était "incompatible avec le "métier de mère de famille". Deux solutions donc pour pouvoir y prétendre : être père de famille (un "métier" apparemment moins impliquant) ou... ne pas avoir d'enfant. Et là encore, le bât blesse. Dans son courrier de réponse à la réclamation adressée par une professeure d'histoire-géo de la région, l'inspectrice d'académie explique n'avoir diffusé cette information qu'auprès des 'hommes et des "femmes" sans enfants', plaçant délibéremment le mot femme entre guillemets... La maternité serait-elle donc ce qui fonde résolument le fait d'être une femme (une vraie) ? C'est, pour le moins, un critère légitime de discrimination en tous les cas.

Si l'académie condame 'fermement' cet acte, et si l'inspectrice elle-même admet avoir adopté une vision 'passéiste', elle la juge néanmoins 'réaliste'. Que comprendre de cette affirmation ? Est-ce que l'idée qu'une femme (et mère) puisse assumer un poste exigeant (et prestigieux) dans l'enseignement relèverait d'une vision 'futuriste' ? Ou bien, plutôt, que les préjugés ont la vie dure, et qu'ils président encore trop souvent à des décisions qui devraient en être exemptes ? Bienvenue dans le XXIème siècle... 

Lire l'article sur le blog Libé : http://classes.blogs.liberation.fr/soule/2011/03/cherche-prof-en-prepa-femme-et-mere-s-abstenir.html

 

Poisson d'Avril

Pas d'histoire sans elles !

Mnémosyne, association pour le développement de l'histoire des femmes et du genre, publie aux éditions Belin un "manuel d'histoire mixte". Le principe : revaloriser la présence des femmes dans l'historiographie, et ainsi contrebalancer le déséquilibre créé par une histoire officielle qui ne s'écrit bien souvent qu'au masculin... En redonnant sa juste place au féminin dans l'histoire, et en particulier dans les manuels scolaires qui servent de support à son enseignement, l'enjeu est également de transmettre une autre grille de lecture du monde aux jeunes générations, une lecture mixte. Ce manuel d'histoire mixte, pour lequel ont collaboré 33 historiens et historiennes, se veut donc un outil pédagogique à l'usage de tous les professeur-es d'histoire, depuis le primaire jusqu'au lycée, pour intégrer la dimension de genre dans leurs programmes.

"Que transmettons-nous aujourd’hui à nos enfants ? Certes, une histoire riche et complexe. Mais son récit – au masculin ou au neutre pluriel – reste partiel et partial, en décalage avec la mixité de nos sociétés démocratiques et l’état de la recherche scientifique.
En respectant les programmes scolaires actuels et les passages obligés de la culture historique des citoyennes et citoyens de demain, cet ouvrage propose un autre récit qui sort les femmes de l’ombre. Ni geste héroïque au féminin, ni histoire victimaire, il présente le nuancier infini des relations entre hommes et femmes, rend compte de leurs actions respectives et s’interroge sur le sens que chaque société attribue au masculin et au féminin.
Chapitres de substitution et chapitres de complément forment la trame d’un manuel d’histoire mixte et offrent un ensemble de dossiers documentaires adaptés à une exploitation pédagogique.
Réalisé à l’initiative de l’association Mnémosyne, l’ouvrage est destiné aux professeurs de l’enseignement secondaire et élémentaire, aux étudiants, aux parents d’élèves, et à tous les lecteurs et lectrices conscients que les femmes, comme les hommes, font l’histoire
."


(Lire la suite)

Présenation du manuel d'histoire mixte

Journée internationale des droits des femmes 2011

Bonjour,

Nous voici aujourd’hui, plus de 100 ans après la déclaration de Clara Zetkin, à commémorer le 8 mars, la journée internationale des Femmes.
Cette initiative basée à l’époque sur l’obtention du droit de vote pour les femmes se donnait comme objectif de mesurer, année après année, l’évolution des droits des femmes au regard de la moitié de l’humanité.
Aujourd’hui, gardons le marque-page dans nos agendas pour l’an prochain encore.
Gardons le marque-page en effet car le chantier est immense pour obtenir l’égalité et faire table rase des discriminations de genre, notamment dans le monde du travail. C’est ce à quoi nous travaillons, tant à Echirolles qu’au sein de la mission d’agglomération de la Maison pour l’Egalité F-H, posant jour après jour, les petits cailloux qui contribueront au grand projet égalitaire.
Nous vous attendons nombreuses et nombreux pour croiser nos regards sur les différents travaux, réflexions et spectacles le 8 mars prochain, vous en trouverez le programme dans cette édition.
 

Bien cordialement,

 

Sylvette ROCHAS, Adjointe au Maire d’Echirolles,

Egalité Femmes-Hommes & Développement culturel

La journée internationale des droits des femmes à Echirolles

"Le travail... et les rêves"

  

  • 15h-16h - Bibliothèque Ponatière. Lectures : Marre du rose et du bleu !

Filles-garçons : lectures et présentations d’albums jeunesse. A partir de 5 ans, parents et grand-parents bienvenus.

 

  • A partir de 16h30 - Hôtel de Ville : Regards de jeunes sur la journée internationale des femmes

 > Le 8 mars s’affiche : exposition réalisée par les élèves de terminale Arts appliqués du lycée Marie Curie.

 > Présentation du micro-trottoir réalisé par les jeunes du Citoyens Jeunes Echirolles.

 > Échange autour de l’arbre à rêves réalisé par les jeunes des espaces Picasso et Prévert, avec l'accompagnement de la comédienne Malika Bazéga et de l'artiste sculpteur Joao.

  • 17h30-19h15 - Hôtel de Ville : Table-ronde : Travail, femmes et société

Mot d’accueil de Sylvette Rochas, adjointe à la culture et à l’égalité femmes-hommes.

Avec la restitution de paroles de femmes en insertion et la participation de Brigitte Martel-Bausant, secrétaire générale de la coordination française du Lobby européen des femmes (CLEF) ; Eric Pallandre, membre de la scop Oxalis, formateur en développement durable et égalité femmes-hommes ; et une représentante de l’association Femmes chefs d’entreprise.

Organisé et animé par l’association Solidarité Femmes et la Maison pour l’égalité femmes-hommes.

  • 19h15-20h00 : Buffet "Des Mets & des mots"

Buffet préparé et servi par les jeunes accompagnés des éducateurs de l’APASE, en collaboration avec l’association AHSOE.

  • "La complainte de la ménagère" par Malika Bazega,

Spectacle à 20h30, suivi d’un échange avec l’artiste

Ciné-théâtre de la Ponatière

« Son univers pourrait n’être qu’une simple salle de classe à nettoyer chaque soir, armée de son BTS ( Balai, Torchon, Serpillière). C’est en réalité tout autre chose...
Un véritable terrain d’aventure où tout lui donne l’occasion de nous faire rire. »

Spectacle gratuit, dans la limite des places disponibles. Réservation fortement conseillée au 04 38 70 17 70
 

- Hôtel de ville, 1 place des 5 Fontaines (accès Tram A arrêt La Rampe - Centre Ville)

- Ciné-théâtre de la Ponatière, 2 avenue Paul Vaillant Couturier

 

8 mars

Cachez ce jupon que je ne saurais voir...

Jeudi 17 février, l'Institut d'études politiques de Grenoble reçoit l'historienne Christine Bard, qui présentera de son dernier opus : "Une histoire politique du pantalon". Dans cet ouvrage (disponible en prêt gratuit à la Maison pour l'égalité), l'auteure livre une analyse originale de cet objet somme toute "banal' qu'est le pantalon, pour en dégager toute la dimension politique. Ici, il n'est pas question de mode, mais bel et bien de codes et de normes sociales. Comme on peut le lire en quatrième de couverture  : "Successeur de la culotte, le pantalon symbolise la masculinité et, partant, le pouvoir, comme en témoigne le dicton 'porter la culotte'. Au cours de la révolution, il se charge d'une signification plus précise en exprimant les valeurs républicaines et devient un élément clé du nouvel ordre politique. Mais l'Ancien régime continue pour les femmes, qui, sur le plan tant vestimentaire que social, n'accèdent ni à la liberté ni à l'égalité. Privées de droit, assignées à résidence dans leur genre, elles sont interdites de pantalon. (...) L'actualité des questions de sexe et de genre gagne à être située dans l'histoire longue de la peur de la confusion des rôles et de la contestation du pouvoir masculin."

Alors que la journée internationale des femmes tombe cette année en même temps que mardi gras, jour de carnaval qui met à l'honneur costumes et apparats, il parait intéressant de se poser la question des codes, vestimentaires et autres, qui structurent le genre et traversent notre quotidien, l'air de rien... 

Couverture

La conseillère régionale déléguée à l'égalité en visite dans l'agglomération

Cécile Cukierman, élue au Conseil régional Rhône-Alpes et conseillère spéciale à l'égalité femmes-hommes, sera de passage dans l'agglomération grenobloise mardi 8 février. A son programme notamment, la visite de la Maison pour l'égalité à Échirolles à 18h45. Ce temps de rencontre viendra clore une après-midi d'échanges avec les acteurs et les actrices de l’égalité du département isérois, et sera l'occasion d'un point presse pour présenter la délégation régionale, la démarche des Rencontres régionales de l’égalité femmes-hommes, ainsi que la préparation de la première quinzaine de l’Egalité, qui se déroulera à l’automne 2011.

Grandes entreprises, fonction publique d'état : même combat pour les quotas !

En ce début d'année 2011, les députés ont adopté une loi qui instaure des quotas exigeant la présence d'un minimum de 40% de personnes du même sexe dans les conseils d'administration des grandes entreprises d'ici 2017. Un article publié sur le site d'information alternatif 'Les nouvelles news', explique qu' "entre 1 400 et 2 000 entreprises pourraient être concernées par le dispositif. Celles cotées en bourse, et celles employant plus de 500 salariés ou réalisant un chiffre d'affaires de plus de 50 millions d'euros".

C'est maintenant au tour de l'Etat d'être interpellé sur la question des quotas. Loin d'être exemplaire en matière d'égalité professionnelle, l'Etat français pourrait bientôt se voir appliquer la même sommation que les grandes entreprises, mais dans le domaine de la masse salariale cette fois. Car si ce sont de fait les femmes qui peuplent majoritairement l'administration d'Etat (51,7%), elles n'occupent encore qu'une minorité des postes de direction (20,3%). Par l'instauration d'un quota fixé à 40%, l'objectif serait donc de rattraper cet écart et de valoriser l'accession d'un plus grand nombre de femmes à des postes à responsabilités dans la fonction publique d'état. Cette idée devrait intégrer une proposition de loi en cours de rédaction portée par la députée UMP Françoise Guéguot.

 

Malheureusement, le risque est grand de voir ces bonnes intentions rester lettre morte. De nombreuses lois existent déjà pour garantir l'égalité professionnelle, dont notamment l'emblématique loi Roudy datant de 1983. Pourtant, l'arsenal juridique n'a pas encore permis de venir à bout des inégalités salariales entre les femmes et les hommes, et c'est plutôt sur le terrain des représentations qu'il semble falloir livrer bataille aujourd'hui. Preuve s'il en est, une étude réalisée par le cabinet Regus, qui nous alerte sur un possible recul de l'embauche des femmes, en particulier celles en retour de congé maternité : "Il y a un an, 44 % des entreprises interrogées envisageaient d'engager des mères, contre 36 % aujourd'hui. " (cf : lien ci dessous) et d'ajouter que parmi ces dernières :« 57 % des entreprises apprécient les mères reprenant le travail car elles offrent leur expérience et leurs compétences sans pour autant demander des salaires élevés. ». Une vision utilitariste de l'emploi féminin qui ne risque pas d'accélérer la réduaction des écarts de rémunération... (le salaire des femmes est encore inférieur de 27% en moyenne à celui des hommes.)

 

Pour aller plus loin, voir les articles du site 'Les nouvelles news, l'autre genre d'info':

 

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/parite/881-boulot-ou-bebe-la-cruelle-alternative-regagne-du-terrain

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/entreprendre-articles-section/entreprendre/859-les-quotas-au-menu-des-deputes

A voir au cinéma

Le documentaire "Women are heroes", primé au festival de Cannes 2010, est sorti sur les écrans le 12 janvier dernier. Ce long-métrage réalisé par le photographe JR, nous invite à voyager à la rencontre de femmes issues des quatre coins du globe, que l'artiste a pris pour cible de son objectif 28mm. A travers ses portraits en noir et blanc, JR souhaite leur rendre hommage. Cette entreprise relève pour l'artiste "d'une idée simple, celle d'honorer le sort de femmes à la fois fortes et vulnérables." Ainsi, JR, que l'on connait pour ses expositions clandestines dans les rues du monde entier, décide ici de nous dévoiler l'envers du décor et de nous embarquer avec lui dans son aventure artistique (et politique !).
 

Dans un autre style, le dernier film de François Ozon est encore à l'affiche de certains cinémas. "Potiche", c'est le destin singulier d'une femme qui reprend les rênes, en intérim, de l'entreprise de son mari malade... et qui y prend goût ! A l'origine de ce nouveau projet cinématographique, une prise de conscience du réalisateur, qui explique "J’ai réellement décidé d’adapter ce scénario pour le cinéma après les dernières présidentielles. J’ai été frappé par la misogynie des hommes de droite et de gauche mais aussi des femmes entre elles."


 

Pour plus d'info :

http://womenareheroes-lefilm.com/

www.potichelefilm.com

women are heroes by JR

Les états généraux de l'éducation à l'égalité

Fin novembre, se sont tenus à Paris les « états généraux de l'éducation à l'égalité et à la sexualité ». Le stade Charléty a été, l'espace de deux jours, le théâtre de débats passionants et de nouvelles synergies entre des acteurs institutionnels, associatifs, universitaires et artistiques issus de tous l'hexagone. Un événement riche et dense, mêlant animations en tout genre et interventions de spécialistes comme Nathalie Bajos, qui travaille depuis plusieurs années sur la question du genre et de la sexualité, ou encore de Sylvie Cromer, qui a fait part de ses études sur le sexisme dans la littérature enfantine. Reste à agir pour qu'une telle initiative se voit prolongée sur le terrain par des projets auprès des jeunes et des professionel-les de l'éducation, pour faire de la lutte contre le sexisme un enjeu quotidien et de l'égalité entre les filles et les garçons une réalité. C'est ce à quoi s'emploient de nombreux acteurs dans l'agglomération grenobloise : associations, collectivités, établissements scolaires, collectifs d'habitant-es, etc...


 

De nouvelles acquisitions à la Maison pour l'égalité !

Parmi les derniers arrivages, vous trouverez notamment deux ouvrages qui prolongent la réflexion engagée lors de la conférence organisée par la Ville de Grenoble le 3 janvier dernier autour de la construction de la virilité et des rapports entre les sexes. Dans son Petit éloge de la paternité, Bertrand Leclair livre un regard critique sur les représentations qui entourent les rôles parentaux attribués aux hommes et aux femmes, à l'aune de sa propre expérience de la parentalité.

 

Dans La place des hommes, et les métamorphose de la famille, Christine Castellain Meunier nous propose une approche socio-psychologique de la paternité et des mutations qui affectent aujourd'hui la cellule familiale. Entre le délitement du modèle patriarcal traditionnel, avec l'accession des femmes et des enfants au statut de sujet social autonome, et la persistance de rôles et de représentations sexuées, voire inégalitaires, face à la parentalité, comment envisager  la place des hommes et des femmes dans la famille, et plus globalement dans la société ?

 

Pour venir débattre de ce sujet, nous vous donnons rendez-vous à la conférence débat organisée par la Ville d'Eybens : "Les transformations des rôles familiaux dans le couple" (Mardi 18 janvier à 12h30 - Cf. agenda)
 

couverture

Bonne année 2011 à toutes et tous !

2010, grande cause nationale pour la lutte contre les violences faites aux femmes se termine.
 

En ce début 2011, la situation est-elle pour autant satisfaisante ?
Malheureusement non !

 

Les actions devront donc perdurer et les consciences poursuivre leur cheminement pour tendre vers le point d’équilibre le plus juste pour toutes et tous. La mission pour l’égalité entre les Femmes et les Hommes, tant au niveau de la Ville que dans sa démarche intercommunale garde toute sa pertinence et c’est dans cet esprit que nous continuerons à travailler pour plus d’égalité.

Partageons chacune, chacun, des souhaits de bonheur, d’égalité et de santé pour cette nouvelle année.

Sylvette ROCHAS, Adjointe au Maire d’Echirolles

Egalité Femmes-Hommes & Développement culturel


 

Projection-débat autour du documentaire "Des hommes en vrai"

La Ville de Grenoble organise une projection-débat autour du documentaire "Des hommes en vrai".

Ce documentaire livre un portrait sans fard de six hommes qui parlent de leur identité, de leur rôle de fils, d'amants, de pères. Il invite à réfléchir sur la construction de la virilité et l'évolution des rapports entre les sexes. Il plaide aussi pour une redéfinition de l'identité masculine, qui valoriserait la sensibilité et la paternité.
Selon François Chilowicz, son réalisateur, "ce film est la rencontre avec six hommes qui, à un moment donné de leurs vies, se sont interrogés sur la difficulté d'être un homme, aussi bien en amour qu'en paternité."

Projection-débat en présence d'Eric Verdier, l'un des protagonistes du film
 

Lundi 3 janvier 2011 à 19h
Salle Juliet Berto - 1 Passage du Palais de Justice - Grenoble

Participation : 5€

25 novembre : « Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes »

Depuis 1999, l'Organisation des Nations Unies a déclaré le 25 novembre « Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes ».

 

En France, les violences conjugales ont été déclarées grande cause nationale en 2010. Le coeur de la campagne nationale cible les enfants qui sont trop souvent témoins de ces situations de violence : au-delà du traumatisme affectif subi, le risque est grand qu'elles et ils intègrent ce rapport déviant entre les femmes et les hommes comme la norme, comme un modèle.

Les violences de genre, qui affectent en grande majorité les femmes, sont encore trop courantes en France comme dans le reste du monde. En 2002, une enquête nationale de grande ampleur a été réalisée afin de quantifier ce phénomène : les chiffres de cette enquête sont toujours d'actualité et révèlent notamment qu'une femme sur dix est confrontée à une situation de violence dans le cadre conjugal. 30 000 femmes sont victimes de viols chaque année, et 16% des 18-25 ans ont déclaré avoir subi des agressions à caractère sexiste dans l'espace public dans les 12 derniers mois. Cette enquête montre également qu'il existe un lien entre les différentes formes de violences (physique, sexuelle, psychologique et symbolique) et les sphères dans lesquelles elle s'exercent (espace public, sphère privée, cadre scolaire, etc) : on parle du « continuum des violences ».

Le coût social, humain, mais aussi économique de la violence est un véritable fléau pour toute la société. C'est pourquoi, aujourd'hui encore, la lutte contre toutes les formes de violences sexistes est un enjeu majeur de cohésion sociale, de vivre-ensemble, de liberté et de citoyenneté.

A ce titre, la ville d'Echirolles a pris des engagements forts pour lutter contre ces violences, à travers l'adoption d'un plan de lutte contre les violences faites aux femmes en 2008. La ville est par ailleurs membre de l'association des Elu-es contre les violences faites aux femmes depuis 2009. Cet engagement s'inscrit dans une politique plus globale de lutte contre le sexisme et de promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes.  

Sylvette ROCHAS, Adjointe au Maire d’Echirolles

Egalité Femmes-Hommes & Développement culturel
 

Le Père-Noël serait-il sexiste ?

A l'approche de Noël, voilà nos boîtes aux lettres de nouveau assaillies par les catalogues de jouets et leur lot de clichés... Alors que l'industrie du jouet fait preuve d"une imagination sans mesure pour égayer le 25 décembre de nos bambin(e)s (et moins celui de notre porte-monnaie) et que les grands producteurs de jouets rivalisent d'ingéniosité pour proposer le produit dernier cri qui fera un tabac cette année, il est un bien un domaine où l'originalité fait défaut. Cette année encore, la sempiternelle division des catalogues de jouets entre "pages roses" (pour les filles, est-il nécessaire de le préciser ? ) et "pages bleues" (pour les garçons) est à l'honneur. Voilà qui ne manquera pas de contraindre les plus jeunes dans leur choix de loisirs au moment de rédiger leur liste au Père-Noël, à un âge où entrer en conformité avec les attentes des adultes en matière d'identité sexuelle est crucial pour l'enfant.

Parmi tous ces catalogues de jouets, les moins stéréotypés d'entre tous se contenteront de "suggérer" , via les couleurs employées et le choix des visuels (des filles pour les aspirateurs miniatures, des garçons pour les circuits automobiles), une division sexuée des activités et des rôles, quand d'autres afficheront en grosse lettres "Filles" et "Garçons" en haut des sections respectives...  Quand on sait l'importance du jeu et de l'imaginaire dans le développement identitaire de l'enfant et sa représentation du monde, comment ne pas regretter qu'il soit proposer aux petites filles de jouer "à faire le ménage" quand les petits garçons sont invités "à faire la guerre" ? Comment ne pas y voir une forme de "sexisme ordinaire", à peine dissimulé et cuisiné à la sauce Disney, qui limite l'univers dans lequel peuvent se projeter les enfants et qui conditionne leur choix de vie futurs en fonction de leur sexe ? Que les petites filles d'aujourd'hui préfèrent le rose pour jouer à la princesse, alors que les garçons portent plus volontiers du bleu pour jouer au foot est une chose. Que les catalogues de jouets gomment la possibilité que les choses soient différentes en est une autre : on appelle cela du sexisme.

 

Depuis plusieurs années, l'association Mix-cité Rennes mène une campagne intitulée "Pas de cadeau pour le sexisme" à l'approche des fêtes. Elle a même publié un "catalogue" pour prévenir contre le sexisme des jouets proposés aux enfants, que vous pouvez consulter en ligne : http://mixcite.rennes.free.fr/IMG/pdf/Catalogue_-_Pas_de_cadeaux_pour_le_sexisme_version_compressee-2.pdf

 

Maintenant, à vous de jouer : vous avez repéré des catalogues, des magasins ou des marques qui ne tombent pas dans cette caricature ? Ou au contraire, d'autres à qui l'on décernerait sans rougir la palme du sexisme ? Faites nous part de vos avis, tuyaux, et autres remarques, ça nous intéresse !

La France, mauvaise élève en matière d'égalité femmes-hommes

Un classement international établi par le World Economic Forum a récemment révélé un net recul de la France en matière d'égalité entre les sexes. Classée 18ème en 2009, elle décroche péniblement la 46ème place (sur 134 pays) en 2010. Meilleure au classement concernant l'accès à la santé et l'éducation, c'est sur le terrain économique et politique que l'Hexagone accuse les plus grandes difficultés. Ou comment les diplômes prometteurs des jeunes filles ne se traduisent pas dans leurs carrières une fois entrées sur le marché du travail... Ainsi, il existe toujours un écart moyen de 17% entre le salaire des femmes et celui des hommes. Les "plafonds de verre" perdurent également, ces seuils très difficilement franchissables qui maintiennent les femmes à l'écart de la plupart des positions de pouvoir, tant dans la sphère politique que professionnelle.

En matière d'écarts salariaux, la France se voit reléguée en queue de peloton, avec une 127ème place qui en dit long sur la mise en application du principe d'égalité salariale, pourtant inscrit depuis 1983 dans la législation française (avec la loi Roudy) et régulièrement rappelé à l'agenda politique (la dernière loi en date remonte à 2006). C'est donc un bilan contrasté : si l'égalité entre les femmes et les hommes a largement progressé en France en un siècle, le chemin qui reste à parcourir est encore semé d'embûches et de paradoxes.

 

Pour aller plus loin :

Voir l'article de l'Expansion : http://www.lexpansion.com/economie/la-france-chute-derriere-le-kazakhstan-dans-l-egalite-hommes-femmes_240561.html

 

Vous trouverez également, à la Maison pour l'égalité femmes-hommes les travaux de Margaret Maruani, experte sur le sujet (Travail et emploi des femmes aux édition Repères), ou encore un rapport de la Commission Européenne publié en Janvier 2010 sur le thème :  "Plus de femmes aux postes de responsabilité, une clé de la croissance et de la stabilité économique".

Visuel publié sur le site web du post à l'URL http://www.lexpansion.com/economie/la-france-chute-derriere-le-kazakhstan-dans-l-egalite-hommes-femmes_2405

Des enseignements d'un genre nouveau à Sciences Po Paris

La France, bien qu'elle soit la patrie de l'éminente Simone de Beauvoir, qui révolutionnait les modes de penser le genre et le sexe dés 1949 en publiant le Deuxième sexe, accuse un retard certain en matière d'études sur le genre. L'université française, largement devancée par ses homologues anglo-saxonnes notamment, ouvre néanmoins ses portes depuis quelques années à des enseignements et des recherches portant sur les questions de genre, de rapports sociaux de sexes et de sexualités. La dimension construite des identités sexuelles, la contingence du féminin et du masculin à travers le temps, la dimension genrée de l'organisation sociale et des relations de pouvoirs, ou encore l'intégration de cette question dans la construction de l'action publique, sont autant d'axes de travail qui trouvent un écho grandissant dans les laboratoires de recherches et les salles de cours en France. Preuve s'il en est, l'ouverture d'un programme dédié aux questions de genre dans la prestigieuse école parisienne Sciences Po. Le programme PRESAGE, qui compte parmi les membres du comité scientifique des grandes figures de la pensée féministe française, telles que Françoise Héritier, Geneviève Fraisse ou encore Elisabeth Badinter, débutera le 20 octobre prochain et ouvre des perspectives prometteuses pour la recherche sur le genre.

 

Pour voir l'article du Monde à ce sujet :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/10/10/sciences-po-pense-sexes_1421622_3224.html

ou "lire la suite" sur le site internet


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Logo sciences po Paris

Quand l'habit fait l'homme...

Il existe des traditions qui nous arrachent parfois à nos certitudes et nous obligent à regarder les choses avec un œil nouveau et à repenser notre propre rapport au monde. C'est le cas de cette coutume séculaire en Afghanistan : les familles privées de fils, qui s'estiment de ce fait marquées par le sceau de la « malédiction » et se trouvent ainsi menacées de déchéance sociale, ont la possibilité d'éduquer l'une de leur fille comme un garçon. De cette façon, la jeune « élue » acquiert, le temps de son enfance, les mêmes droits et devoirs que ses camarades de sexe masculin (les choses "rentrent dans l'ordre" passé l'âge de la puberté). Élevée dans l'univers des garçons, la petite fille ainsi travestie évolue parmi ses contemporains sans que son sexe n'aie d'incidence sur le regard qu'on porte sur elle. Puisqu'elle est socialement désignée comme étant un garçon, elle pratique au vu et au su de tous, les même activités qu'eux, bénéficie des mêmes privilèges et libertés. Si elle est la plus jeune de la fratrie, elle n'en a pas moins autorité sur ses aînées, et peut leur servir de chaperon lors de leur sortie hors du foyer. Dans un article de The Herald Tribune publié le 21 septembre, on nous raconte ainsi l'histoire de Mehran, cette afghane de 4 ans, a qui l'on propose de devenir un garçon et qui y concède sans hésitation (et pour cause, au regard de la condition des filles et des femmes en Afghanistan de nos jours). Une coupe de cheveux, une paire de basket et de jeans feront l'affaire nous dit-on... Ce simple subterfuge suffit ainsi à remettre en cause, l'espace de quelques années, l'ordre sexiste qui régit les rapports sociaux dans ce pays du Moyen Orient, comme dans beaucoup d'autres. Ici, peu importe le sexe biologique de l'enfant, c'est au regard de son sexe social que s'organise toute sa vie.

 


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Ecrire l'histoire du "féminisme lutte des classes"

Samedi 25 septembre 2010 avait lieu à Paris une journée d'études sur la question du lien entre l'Histoire du féminisme et celle de la lutte des classes. Ce colloque, en hommage à la militante féministe et écologiste Francine Comte, décédée l'an dernier, fut l'occasion de réunir des représentantes de plusieurs groupes féministes des années 70 et 80, tous plus ou moins regroupés sous l'étendard du mouvement de libération des femmes, en dépit des dissensions qui les opposaient parfois. De nombreux témoignages sont venus confirmer l'idée d'une nécessaire mise en perspective de ces histoires, aussi imbriquées que conflictuelles, que sont celles de la lutte féministe et de la lutte des classes. Il semblerait pertinent en effet d'ouvrir un nouveau chapitre de l'historiographie des mouvements sociaux : pour ne pas oublier, par exemple, que ce sont les avant-gardes et les groupes politiques de gauche et d'extrême gauche qui ont vu naître les premières formations féministes de la "seconde vague" du féminisme français. Mais également pour interroger pourquoi le féminisme a longtemps été percu comme une lutte catégorielle, voire "bourgeoise", aux yeux de certain-es millitant-es de la lutte des classes. Cela permettrait d'appréhender avec un éclairage nouveau l'intérêt de (re)penser de façon croisée toutes les formes d'oppression, enjeu qui apparaît d'une actualité saisissante.

La société civile internationale se mobilise pour éviter la lapidation d'une femme en Iran

Une femme menacée de lapidation en Iran. Rejoignez la mobilisation.

Sakineh Mohammadi Aschtiani est une iranienne de 43 ans menacée de mort par lapidation. Elle aurait déclaré mercredi 11 août à la télévision iranienne avoir participé au meurtre de son mari et avoir eu une relation extra-conjugale avec le cousin de ce dernier. Mais son avocat, Houtan Kian, affirme qu’il s’agit d’aveux soutirés sous la torture : "Elle a été frappée violemment et torturée jusqu’à ce qu’elle accepte d’apparaître face à la caméra ". Une mobilisation internationale s'est constituée pour empêcher la condamnation à mort de cette femme autant que pour dénoncer la pratique de la lapidation et l'ordre sexiste que tente de maintenir le pouvoir en Iran.

Pour signer la pétition: http://freesakineh.org

En finir avec le "neurosexisme"

 

Les hommes ne viennent pas de Mars, ni les femmes de Vénus


Une nouvelle étude scientifique réalisée outre-Manche vient confirmer la thèse selon laquelle la différence des sexes, telle qu'on l'observe au niveau neuro-psychologique, est avant tout le produit de la culture et de l'éducation. A la naissance, le cerveau humain serait "neutre", mais des années de socialisation différenciée (en fonction de si l'on naît "mâle" ou "femelle") tendent à sexuer notre cerveau, et par conséquent nos aptitudes...et nos attitudes.
C'est la thèse que défend un ouvrage à paraître fin août "The delusions of gender", écrit par Cordelia Fine, une psychologue anglo-saxonne. Cette étude vient en l'occurrence renouveler et enrichir l'approche de la neurobiologiste française Catherine Vidal, qui s'attache depuis plusieurs années à démêler la part de l'inné de celle de l'acquis, afin de replacer le débat sur la différence des sexes sur un terrain scientifique, et enfin tordre le cou à de nombreux préjugés infondés (que Cordelia Fine dénonce comme une forme de "neurosexisme").


Et pour aller plus loin, vous trouverez à la Maison pour l'égalité:


Cette nouvelle étude nous incite à prendre connaissance des études menées en France par Catherine Vidal, avec notamment l'ouvrage Hommes, Femmes, avons-nous le même cerveau? (2007). Vous pouvez également visionner une de ses interventions en ligne à l'adresse :

www.ens-lyon.fr/asso/groupe-seminaires/seminaires/voirsem.php


Mais c'est aussi l'occasion de replonger dans les classiques du "genre", pour comprendre la dimension sexuée de l'éducation et de la socialisation. A commencer par Simone de Beauvoir et son désormais fameux "On ne naît pas femme, on le devient" (Le deuxième sexe (1949) Tome 1 et 2), et à prolonger par la lecture des théories queer, et notamment de la philosophe américaine Judith Butler et son polémique Trouble dans le genre (1996).

L'ONU crée une nouvelle entité pour l'égalité des sexes

L'annonce officielle, début juillet, de la création d'une nouvelle instance dédiée à la promotion de l'égalité des sexes est une victoire pour la société internationale. Cette commission, qui sera nommée "NU WOMEN"' ("ONU FEMMES"), était en effet réclamée depuis quatre ans par les militant-es en faveur de l'égalité et cristallise beaucoup d'espoirs en termes d'égalité, de réduction de la pauvreté, de paix et de démocratie à l'échelle internationale.

Et pour aller plus loin, vous trouverez à la Maison pour l'égalité :

La question du genre et de l'égalité, conjuguée à l'international, ouvre une multitude de chantiers, de thématiques et d'approches. Parmi elles, on peut par exemple poser la question du développement avec notamment un ouvrage des Cahiers Genre et du Développement: Le genre, un outil nécessaire On peut aussi décider de s'intéresser à une violence coutumière encore très pratiquée dans certaines régions du monde, l'excision, avec un film documentaire, Bilakoro, qui raconte de façon poignante et objective, le quotidien de trois femmes qui tentent de résister face à cette pratique, malgré la pression culturelle.

Des super héros super machos pour les ados?

Des héros pas super ...


Lors d'un séminaire annuel de psychologie organisé chaque année aux Etats Unis, une psychologue américaine a fait part de son inquiétude quant aux modèles de virilité véhiculés par les super héros contemporains auprès des plus jeunes. Rappelant l'importance des processus d'identification à ce type de personnage dans la construction identitaire des enfants, et en particulier des petits garçons (doit on rappeler que presque tous les super héros sont des hommes?), Sharon Lamb remarque, en prenant pour témoin le personnage d'Iron Man, que les super-héros contemporains sont dépourvus de toute humanité et vulnérabilité. Et d'expliquer : "Les nouveaux super-héros comme Iron Man exploitent les femmes, font étalage de leur richesse et canalisent leur virilité dans des pistolets surdimensionnés" (citée dans le Daily Telegraph du 17 Août). La psychologue américaine montre en outre, preuve à l'appui, que l'influence de ces "modèles" est négative sur le comportement des jeunes garçons, autant que sur leurs résultats scolaires.


Une analyse fort intéressante donc, que l'on souhaiterait néanmoins voir compléter par une étude de l'impacte de ce genre de personnages violents et virilistes sur la construction identitaire... des jeunes filles! Et, plutôt que de regretter, comme Sharon Lamb, le bon super-héros tradtionnel tel Superman, pourfendeur de l'humanité, on voudrait poursuivre la réflexion sur les stéréotypes sexistes véhiculés par ce type de médias et interroger les modèles identitaires qui sont proposés aux plus jeunes.


Pour aller plus loin, vous trouverez à la Maison pour l'égalité :


L'ouvrage Les compagnes des héros de BD aborde de façon décalée l'histoire du genre dans le monde des héros de BD, en s'interrogeant : qui sont les femmes de ces derniers?
Une étude réalisée en 1998 à Montréal nous engage à nous interroger : Que racontent les albums illustrés aux enfants? ou Comment présente-t-on les rapports hommes femmes aux plus jeunes?, et révèle la dimension genrée et fortement stéréotypée de nombreux manuels pour enfants.

"Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme"

Le slogan du Mouvement de Libération des Femmes a eu 40 ans !

 

Le 26 août 1970, lors de la cérémonie de commémoration de la Libération de Paris, des groupes de femmes se réunissent sous l'arc de Triomphe pour déposer une gerbe à la mémoire de "la femme inconnue" du soldat. Malgré l'intervention de la police, cet évènement reste le symbole d'une mobilisation pacifiste des féministes françaises, décidées à en découdre avec le système patriarcal, et qui obtiendront quelques années plus tard le droit à l'Interruption volontaire de grossesse (1975) ou encore la requalification juridique du viol comme crime (1980).

 

Egalités, différences, hétérosexisme, les nouveaux défis du féminisme contemporain...

 

Dans une tribune publiée dans le quotidien Libération le 13 août dernier, Natacha Chetcuti, sociologue et anthropologue à l'INSERM, revient sur la naissance du MLF et poursuit sur les enjeux et les divisions du mouvement féministe contemporain. Derrière un idéal d'émancipation et d'égalité que l'on suppose partagé, se cachent en réalité des courants de pensées et des réflexions aussi riches que multiples. Féminisme égalitaire, différentialiste, matérialiste, thérorie Queer... en définitive, il n'y a pas un, mais des féminismes. Lire l'article sur le site de Libé :

www.liberation.fr/societe/0101651747-egalite-ou-difference-le-feminisme-face-a-ses-divisions

 

Et pour aller plus loin, vous trouverez à la Maison pour l'égalité :

 

Le DVD "Féminisme, l'onde de choc", qui interroge le lien entre le féminisme d'hier et celui d'aujourd'hui, avec la participation de Clémentine Autain, Eric Fassin et Geneviève Fraisse.

Les ouvrages de Gisèle Halimi, figure de proue des combats féministes des années 70-80 avec le mouvement "Choisir la cause des femmes"

Cf:  la boîte à outils des ressources et acteurs de l'agglo

 

MLF 1970

Judith Bulter en visite exceptionnelle à Lyon !

TABLE RONDE ET CONFÉRENCE "GENRE, IDENTITES, INDIVIDU?E?S, INSTITUTION"
Dans quelle mesure les écrits de Judith Butler sur les normes de genre transforment-ils les enjeux entre sphères politique, sociale et privée ? Par exemple, quel est l’impact effectif du travail sur les normes de genre sur la réduction des inégalités sociales ?
En quoi les individus peuvent-ils s’emparer de la question des normes de genre en vue d’une possibilité d’empuissancement (empowerment) ? Par exemple, comment les normes sont prescrites, incorporées ? Comment peut-on avoir l’opportunité, la force de les remettre en question ?
Quelle est la part de l’institution éducative ? Par exemple, quel est l’impact de la question du genre dans le processus d’éducation ?

DISCUSSION "GENRE, EDUCATION ET FORMATION"
Dans quelle mesure la réflexion de Judith Butler s’inscrit-elle dans un processus global d’éducation, de transmission et d’émancipation ? (éducation des enfants, des adolescen t?e?s, formation des enseignant?e?s, culture des contextes éducatifs)
Comment ses écrits sur le genre peuvent-ils nous aider à transformer les relations entre société, institution scolaire et/ou éducative et individu  ?
Par exemple, nous nous interrogeons sur la façon dont ses travaux ont pu être (ou non) utilisés au sein des institutions d’éducation aux Etats-Unis ?
Autre exemple, nous nous interrogeons sur la façon dont ses écrits peuvent favoriser la mission de l’école de transmission/émancipation vis à vis des normes de genre ?

POUR TOUT RENSEIGNEMENT SUPPLEMENTAIRE
Contact : judithbutlerlyon@gmail.com

Sensibiliser à l'égalité femmes-hommes

Depuis 2007, un ambitieux projet de formation/sensibilisation des agents et des élus à la thématique de l'égalité femmes-hommes a débuté à la ville d'Echirolles.

Forte d'une certaine expérience en matière de formation dans le domaine du genre (voir dans le menu "ses actions"), la ville d'Echirolles a enclenché, fin 2009, une seconde phase dans le déroulement de ces sensibilisations.
La stratégie a été en premier lieu de mélanger les agents tant en termes de niveau de responsabilité que de domaine de compétence. L'ensemble du personnel et des élus ont été conviés à ces séances, plus de 200 personnes en ont bénéficié.
Depuis la fin 2009, les séances de sensibilisation sont réalisées par service et dans le cas des élus par commission. Cela a permis aux formateurs d'adapter le contenu de la formation au domaine de préoccupation des bénéficiaires et de donner quelques pistes concrètes de travail aux agents et élus.
Aujourd'hui, la moitié des commissions ont bénéficié de cette sensibilisation. Cela a permis a nos décideurs de mieux appréhender la notion de "mainstreaming de genre" ou "approche intégrée" c'est-à-dire la prise en compte de la notion de genre dans tous les projets qu'ils pilotent.

Assemblée Générale de l'Observatoire Isèrois de la Parité entre les Femmes et les Hommes

L'Observatoire Isèrois de la Parité entre les Femmes et les Hommes (OIPFH) organise sa prochaine assemblée générale le Mardi 25 Mai 2010 à 18h au Conseil Général de l'Isère. Créé en 1997 par des militantes associatives et politiques, l'OIPFH oeuvre à la promotion de l'égalité femmes-hommes dans le département en menant des actions de sensibilisation et d'information du public (une table ronde a été organisée récemment autour du 100e anniversaire de la journée internationale des droits des femmes), en réalisant un travail de recherche et de veille juridique et politique eut égard à la parité en Isère, ainsi qu'en assurant un rôle d'interpellation des pouvoirs publics.

Pour plus d'infos concernant l'OIPFH : www.parite-38.org

OIPFH

L'équipe de la Maison pour l'égalité est au complet!

Avec l'arrivée de Laurie Chambon au poste de responsable, de Marion Sourd au poste d'agent de développement local et de Gordana Amato à celui d'assistante, l'équipe de la MEFH est au complet pour vous accueillir tous les jours de 9h à 17h! Porteurs et porteuses de projets, passez-nous voir ou contactez-nous au 04.38.70.17.70. A bientôt!

Le 8 mars, la journée internationale des femmes

Nous fêtons cette année le 100éme anniversaire de la journée internationale des femmes

Cette manifestation a pour but de faire un bilan sur la situation des femmes et leur place dans la société, d'améliorer leurs conditions de vie dans le monde et de fêtre les victoires et avancées.

Ce moment est l'occasion pour nous de réfléchir ensemble à l'égalité femmes-hommes.

Les villes de l'agglomération, des habitant-tes, des associations et des professionnel-les ont décidé de célébrer cet évènement : retrouvez le programme  dans les "Rendez-vous de l'égalité" du mois de mars.

La ville d'Echirolles a travaillé cette année sur l'évolution des représentations et des rôles des femmes et des hommes à travers des actions autour du 8 mars et une grande soirée le lundi 8 mars à l'hôtel de ville à partir de 18h (voir le programme).  

8 mars échirolles

Envolée feminine un projet de l'ADATE

Vers une insertion sociale et professionnelle durable

Porté par l'ADATE ce projet est conduit en partenariat avec le Conseil général, le Pôle emploi et les services ville. Il a été mise en place sur 5 communes (Echirolles, Fontaine, Grenoble, Pont-de-Claix et St Martin d'Hères).

Durant 4 mois, une quinzaine de femmes dans chaque commune seront accompagnées dans la recherche d'emploi et la définition d'un projet d'investissement dans la vie locale. 

Sur Echirolles, cet investissement citoyen se matérialisera notemment par une participation à des évènements : Cité plurielle, la journée internationale des femmes, le forum pour l'emploi .

Une affaire à suivre ...


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ADATE

Un recueil de bonnes pratiques sur l'égalité FH disponible en ligne

Ce document, paru en 2008 avec l'appui du Fonds Social Européen, est un recueil de bonnes pratiques pour la prise en compte de l'égalité entre femmes et hommes dans les projets.

Il propose une série de fiches-projets illustrant concrètement des actions qui ont fait avancer l'égalité femmes-hommes. Chaque fiche-projet présente le contexte, les objectifs, la description du projet et des intervenants, les conditions de réussites, les résultats et les liens utiles.

Sont ainsi présentés des projets sur l'orientation professionnelle des hommes et des femmes, l'articulation des temps de vie et la place des pères dans la famille, l'égalité professionnelle, etc..

Télécharger le recueil de bonnes pratiques

Atelier d'analyse des pratiques

Projection du film "Entre deux montagnes. Un témoignage sur l'égalité hommes-femmes" et débat avec la sociologue Horia Kebabza

Lors du débat organisé en avril 2006 sur le même thème, une demande très forte a été formulée par les participants, notamment par les travailleurs sociaux, d'aller plus loin dans la réflexion.


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• Formation-action : "Pour une gestion non-discriminatoire du fait religieux dans les services publics"

Mardi 22 mai
10h-13h et 14h-17h

Grenoble Alpes Métropole - salles à préciser

Dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale et du fonds de cohésion mis en place par Grenoble Alpes Métropole, la Métro propose une formation-action intitulée "Pour une gestion non-discriminatoire du fait religieux dans les services publics".
L'objectif général est d'outiller les professionnel-les et les élu-es afin de permettre une gestion non-discriminatoire du fait religieux dans les services publics, en conciliant respect de la laïcité, de l'égalité de traitement, de la liberté de conscience et du bon fonctionnement des services publics.
La formation-action proposée aux professionnel-les, sous la forme d'un groupe constitué d'une vingtaine de personnes, se déroulera de mai à octobre 2012 et consistera en 6 journées où alterneront état des lieux, apports théoriques, échanges, études de cas. L'inscription d'un-e agent-e se fait pour les 6 séances.
La formation est destinée aux professionnel-les confronté-es à la gestion du fait religieux dans les collectivités (animateur-trice, encadrant-e, coordinateur-trice, chargé-e de mission, agent-e de développement, chef-fe de projet, etc.).
La première journée aura lieu le 22 mai, puis les autres s'échelonneront le jeudi 21 juin, le mardi 3 juillet, le jeudi 13 septembre, le jeudi 11 octobre. La dernière date est à définir.


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