La MétroVille d'Échirolles
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L'école, lieu de socialisation par excellence, contribue à perpétuer les stéréotypes de genre. Bien que le corps enseignant soit à présent composé en majorité de femmes, elles-mêmes participent aussi largement à la reproduction de ce système. En effet, il n'y a pas de formation systématique sur l'égalité dans l'orientation proposée au personnel éducatif (enseignant-es, conseiller-ères d'orientation, etc.). Le fait de responsabiliser plus fortement les jeunes sur leurs choix d'orientation a pu également avoir des effets pervers. Cette tendance ne permet pas toujours de prendre en compte le poids des anticipations et de l'intériorisation de la vision dominante, qui amène les filles à s’auto-censurer, « à trouver normal, ou même naturel, l'ordre social tel qu'il est […], refusant les filières ou les carrières d'où elles sont en tout cas exclues », comme le précise Pierre Bourdieu dans La domination masculine. L'ordre social doit certainement peser de même chez les garçons, bien que peu de recherches se soient intéressées aux mécanismes qui les empêchent d'investir les filières dites « féminines ». Ces phénomènes ont certainement contribué à renforcer une forme d'aveuglement sur les discriminations produites par le système. C'est pourquoi il est important d'agir au niveau des causes, et non pas uniquement auprès des jeunes, en travaillant avec les acteurs et actrices du système scolaire et de l'orientation.

L'étude « Orientation scolaire et discriminations : quand les différences de sexe masquent les inégalités » dirigée par Françoise Vouillot, montre que depuis 25 ans, les politiques d’éducation et la recherche se sont essentiellement focalisées sur les questions d’orientation des filles, notamment leur moindre orientation vers les filières scientifiques et techniques souvent plus valorisées. En revanche, elles ne se sont pas interrogées sur l’absence des garçons dans les filières dites « féminines », comme les filières littéraires, les secteurs de la santé ou du social. Cette étude intéressante analyse le rôle des rapports sociaux de sexe et de genre dans les choix d’orientation des filles et des garçons. A découvrir

Et dans l'agglomération, quelles avancées sur ces questions ? La Métro, dans le cadre de sa politique de promotion de l'égalité, a développé dès 2009 un plan de prévention et de lutte contre les discriminations dans le champ éducatif. En partenariat avec l'Inspection académique de Grenoble, la Métro co-pilote une recherche-action-formation sur le fonctionnement des institutions et les pratiques des professionnel-les, des bénévoles ou des élu-es, et non directement sur les publics eux-mêmes. La question de l'orientation est centrale dans les groupes de travail constitués dans chaque établissement impliqué dans une recherche-action, à savoir le collège Henri Wallon de St Martin d'Hères, les collèges Jules Vallès et Gérard Philippe de Fontaine, le collège Aimé Césaire et le lycée Mounier de Grenoble. Ces groupes de travail vont s'ouvrir  progressivement aux autres acteurs socio-éducatifs des territoires concernés.

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